La Commission prolonge les droits sur les ampoules électriques chinoises [FR]
Les consommateurs européens devront certainement attendre encore un an avant de voir chuter les prix des ampoules électriques à économie d'énergie, suite à une décision de la Commission de prolonger les droits antidumping sur les importations provenant de la Chine plutôt que de les abandonner immédiatement.
Les consommateurs européens devront certainement attendre encore un an avant de voir chuter les prix des ampoules électriques à économie d’énergie, suite à une décision de la Commission de prolonger les droits antidumping sur les importations provenant de la Chine plutôt que de les abandonner immédiatement.
Le 29 août 2007, la Commission a annoncé qu’elle proposerait le maintien des droits antidumping à 66% pendant une année supplémentaire pour permettre aux entreprises de s’adapter aux nouvelles conditions du marché.
Ce report est un compromis entre le commissaire britannique au commerce extérieur, Peter Mandelson, et le commissaire à l’industrie, l’allemand Günter Verheugen.
Le premier avait fait pression pour obtenir l’arrêt immédiat des droits qui, selon lui, bénéficierait non seulement aux consommateurs mais aussi aux entreprises comme le groupe d’électronique hollandais Philips qui sous-traite la production de ses ampoules en Chine.
Verheugen s’était néanmoins opposé à cette initiative, soutenant qu’elle provoquerait des licenciements chez le fabriquant national allemand d’ampoules électriques Osram, étant donné le faible coût des importations de la Chine vers l’Union (EURACTIV 29/08/07).
Ce point de vue est largement partagé par d’autres commissaires. En effet, un certain nombre d’Etats membres se sont montrés inquiets concernant la position de Mandelson qui donne davantage de poids aux intérêts des entreprises produisant ou se procurant des biens dans des pays où le coût de la main-d’œuvre est bon marché, comme la Chine, plutôt qu’à ceux d’entreprises dont la production est basée en Europe.
Le Porte-parole de la Commission, Johannes Leitenberger a déclaré que la décision finale était fondée sur des intérêts communautaires plus vastes tout en s’efforçant de refléter les intérêts légitimes de toutes les parties.
Comme l’a expliqué l’exécutif européen lors d’une déclaration, l’UE a fait de la conservation et de l’utilisation efficace de l’énergie une priorité principale. Sa production domestique ne pourra certainement pas répondre à plus de 25% de la demande pour les ampoules électriques à économie d’énergie. La Commission juge que dans de telles circonstances, il ne serait pas dans l’intérêt communautaire d’ajouter un coût supplémentaire significatif au prix des produits importés.
Pour le WWF, l’organisation mondiale pour la conservation, cette proposition est néanmoins décevante, inéquitable et manque totalement de cohérence avec les objectifs ambitieux européens visant à améliorer l’efficacité énergétique en Europe et à freiner le changement climatique.
Elle a déclaré qu’en passant rapidement à des lampes plus efficaces, 23 millions de tonnes de CO2 seraient économisés chaque année, soit l’équivalent de 0,5% des émissions de gaz à effet de serre de l’UE. Elle a également a insisté sur le fait que les prix élevés des ampoules électriques à économie d’énergie, actuellement trois à six fois supérieurs aux prix des ampoules traditionnelles, ont un effet dissuasif sur les consommateur. En conséquence, 80% des foyers utilisent toujours les ampoules ordinaires.