La Commission revoit à la hausse les prévisions de croissance de l’UE

La reprise économique dans la zone euro est engagée, mais reste toutefois menacée par le fort taux de chômage et l’importance des dettes publiques.

EURACTIV.fr

La reprise économique dans la zone euro est engagée, mais reste toutefois menacée par le fort taux de chômage et l’importance des dettes publiques.

La reprise économique s’affermit au sein de la zone euro mais le niveau élevé de la dette publique et du chômage font peser d’importants risques sur ce rebond, estime la Commission européenne.

L’exécutif communautaire a revu à la hausse ses prévisions de croissance, anticipant désormais une augmentation de l’activité de 0,9% dans la zone euro en 2010 (au lieu de 0,7% prévu en novembre) et 1,5% en 2011 (prévision inchangée).

Pour les 27 pays de l’Union européenne, la Commission prévoit une croissance de 1% en 2010, au lieu de 0,7% et de 1,7% en 2011, au lieu de 1,6%.

En France et en Allemagne, les deux moteurs de la zone euro, les chiffres sont eux aussi un peu plus encourageants que lors des dernières prévisions de la Commission.

L’économie française devrait ainsi croître de 1,3% en 2010 et 1,5% en 2011 et l’Allemagne de 1,2% et de 1,6% respectivement.

« L’amélioration des perspectives de croissance économique cette année est une bonne nouvelle pour l’Europe. Nous devons veiller à ce que les risques qui pèsent sur la stabilité financière ne compromettent pas cette évolution », a fait valoir le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, lors de la présentation de ces chiffres.

« Une croissance durable exige des efforts d’assainissement budgétaire déterminés et des réformes qui améliorent la productivité et l’emploi », a-t-il ajouté, tout en insistant sur le fait que l’état « préoccupant » des finances publiques impliquait à court terme un effort accru d’assainissement.

Pour la zone euro, le déficit des comptes publics ressort à 6,6% du PIB en 2010 et 6,1% en 2011, à comparer avec 7,2% et 6,5% pour l’ensemble de l’Union européenne.

La dette s’établirait quant à elle à 84,7% et 88,5% pour la zone euro et 79,6% et 83,8% pour l’ensemble des Vingt-Sept.

Le déficit français devrait quant à lui s’inscrire à 8% du PIB en 2010 et 7,4% en 2011, alors que la dette devrait augmenter à 83,6% et 88,6% du PIB respectivement.

En Grèce, où la situation a obligé les membres de la zone euro à mettre en place un soutien financier sans précédent, le déficit est attendu à 9,3% du PIB en 2010 et 9,9% en 2011, alors que la dette devrait exploser à 124,9% du PIB en 2010 et 133,9% en 2011.

En dehors du risque budgétaire, la Commission souligne que la faiblesse de la demande intérieure continue à empêcher une reprise plus franche et que le rebond pourrait être freiné par l’évolution du marché du travail.

« Au-delà du redressement initial, la relance s’avère plus progressive que lors de périodes de reprise précédentes (…) À l’instar d’autres pays développés, l’UE sera aux prises avec l’héritage de la crise pendant un certain temps encore », lit-on dans le communiqué accompagnant les prévisions.

Dans la zone euro, le taux de chômage devrait continuer à légèrement augmenter pour atteindre 10,3% en 2010 et 10,4% en 2011, contre 9,4% en 2009.

Il est cependant largement supérieur à cette moyenne dans plusieurs pays. En Espagne, le pays le plus touché de la zone euro, il restera à près de 20% en 2010 et 2011, mais il sera également de plus de 13% en Irlande et en Slovaquie, autour de 13% en Grèce et de 10% en France et au Portugal.

« Le marché du travail devrait rester atone. Les évolutions sur ce front seront d’une importance cruciale pour le processus de reprise dans l’UE », explique le communiqué.

Enfin, en ce qui concerne l’inflation, elle repart légèrement à la hausse mais apparaît sous contrôle. Elle est attendue à 1,5% dans la zone euro en 2010 et 1,7% en, 2011.

La Commission européenne précise qu’une incertitude élevée continue à entourer ces prévisions, compte tenu notamment de la situation sur les marchés financiers.

Parmi les inconnues qui pèsent sur ces prévisions, figurent aussi l’efficacité des politiques de l’emploi mises en places en 2009, les effets du plan d’aide à la Grèce sur la confiance des investisseurs et des consommateurs ainsi que la reprise dans les pays émergents, souligne l’exécutif communautaire.