La Commission s'engage à consacrer 5 milliards d'euros au Sahel
Au lendemain de l'assassinat de deux journalistes français au Mali, le commissaire au développement accompagne le secrétaire général de l'ONU sur place. L'Europe se dit politiquement très concernée par l'instabilité politique de la région.
Au lendemain de l'assassinat de deux journalistes français au Mali, le commissaire au développement accompagne le secrétaire général de l'ONU sur place. L'Europe se dit politiquement très concernée par l'instabilité politique de la région.
Au lendemain de l’assassinat de deux journalistes français travaillant pour Radio France Internationale (RFI), la Commission européenne a manifesté son implication dans la région en maintenant la visite du commissaire, Andris Piebalgs, qui a rejoint à Bamako le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, et le président de la Banque mondiale, Jim Kong Kim, lundi 4 octobre.
Les dirigeants se rendent mardi à Tombouctou, dans le Nord du pays où des forces de sécurité spécifiques ont été déployées. De son côté, le ministère des affaires étrangères français a annoncé le 5 novembre l’envoi de 150 militaires stationnés au sud du Mali en renfort dans la zone de Kidal.
Car la région est encore sous le choc après la double exécution de journalistes ce week-end, quelques jours après la libération de quatre otages français retenus dans la zone depuis 3 ans.
Les journalistes assassinés froidement, selon le ministère des Affaires étrangères
Claude Verlon et Ghislaine Dupont ont été enlevés puis exécutés samedi 2 novembre au Mali, où ils réalisaient un reportage. La radio qui émet en français est très écoutée en l’absence d’autres médias, dans cette Afrique qui fut un temps celle des colonies françaises.
Après une intervention militaire au Mali l’hiver dernier, destinée à repousser des rebelles qui menaçaient de prendre le pouvoir dans le pays, la France dispose toujours d’une force de 1500 hommes dans la zone, dans le cadre de l’opération Serval.
Les forces de l’ONU sont également présentes avec la Minusma, ce qui n’empêche pas la présence d'un terrorisme sporadique et une situation très peu stable dans le Nord du Mali et le long de la frontière algérienne notamment.
Les journalistes ont été enlevés à Kidal, une ville où 500 militaires des forces internationales sont présents, et où des rebelles souvent touaregs s’opposent les uns aux autres.
Selon le ministère des Affaires étrangères français, les assassins des journalistes français ferait partie de l’organisation Aqmi (Qaida au Maghreb islamique)
« Ils ont été assassinés froidement par des terroristes » a souligné le ministère dans un communiqué. La rumeur d’une rançon probablement payée par les employeurs des précédents otages, les sociétés françaises Vinci et Areva, aurait créé des tensions entre les groupes armés.
Les montants décidés fin 2012 seront reconduits jusqu'à 2020.
C’est pour lutter contre l’instabilité de cette zone que la Commission continue à apporter des fonds spécifiques au Sahel.
Le Fond européen de Développement sera le principal véhicule d’une aide de 3,9 milliards d’euros sur la période 2014-2020, et d’autres instruments financiers régionaux devraient permettre de mobiliser 1,15 milliards d’euros supplémentaires.
Cette stratégie s’appuie sur le postulat que le développement et la sécurité sont des questions connexes et sur le fait que la situation complexe du Sahel demande des réponses multiples.
Sur la période 2007-2013, la Commission avait consacré 827 millions d’euros à la zone, un montant bien moins important que celui prévu pour 2014-2020. Cependant, ces fonds spécifiques pour le Sahel n’ont été débloqués qu’à partir d'octobre 2012, soit la dernière année de la période de 6 ans.
La Commission a donc reconduit les fonds alloués spécifiquement à la zone pour les 6 prochaines années, ce qui représente un total de 5 milliards d'euros.
« Ce n’est pas forcément la zone du monde qui reçoit le plus d’aide de l’Union européenne, en revanche il s’agit d’une priorité politique » assure une porte-parole de la Commission.
L’annonce de la Commission s’inscrit dans une action conjointe entre l’ONU, la Banque Mondiale, la Banque africaine de développement et l’Union Africaine regroupés sous la bannière AGIR-Initiative Sahel
Michel Reveyrand de Menthon, représentant special de l’Union européenne auprès du Sahel, accompagne également le commissaire sur le terrain. Les 5 pays du Sahel, la Mauritanie, le Tchad, le Niger, le Sénégal et le Burkina Faso devraient bénéficier de cette aide dans les prochaines années.
Cette annonce s'inscrit dans un projet global de 8 milliards de dollars d'investissements dans le cadre de l'ONU.