La Commission veut contrôler le service diplomatique de l'UE
Des procédures pour recruter le personnel du service européen pour l'action extérieure (SEAE) seront mises en place, et les diplomates ne seront pas simplement parachutés depuis les capitales, a affirmé João Vale de Almeida, directeur général pour les relations extérieures à la Commission européenne, dans un entretien exclusif avec EURACTIV.
Des procédures pour recruter le personnel du service européen pour l'action extérieure (SEAE) seront mises en place, et les diplomates ne seront pas simplement parachutés depuis les capitales, a affirmé João Vale de Almeida, directeur général pour les relations extérieures à la Commission européenne, dans un entretien exclusif avec EURACTIV.
M. Vale de Almeida – qui jusqu'à récemment était chef de cabinet du président de la Commission européenne José Manuel Barroso et qui entrera bientôt en fonction en tant qu'ambassadeur de l'UE à Washington- a dit que le personnel du SEAE serait sélectionné à l'intérieur de la Commission, du secrétariat général du Conseil et des services diplomatiques des Etats membres de l'UE.
Nous insisterons pour garantir l'équilibre géographique et l'égale représentation des 27 pays, a-t-il expliqué.
"Ce que nous voulons, c'est que ce service soit un service d'excellence, avec la possibilité de recruter les meilleurs, que ce soit les meilleurs fonctionnaires de la Commission, du secrétariat général du Conseil, et les meilleurs diplomates nationaux", a-t-il affirmé.
M. Vale de Almeida a souligné qu'il s'agissait précisément de ce que voulait la haute représentante de l'UE aux affaires extérieures Catherine Ashton : trouver les meilleures personnes, les plus brillantes, pour s'assurer que le SEAE soit un service efficace et performant.
Bien qu'il ait reconnu que les Etats membres devraient placer les meilleurs diplomates dans le SEAE, il a insisté sur le fait qu'il appartenait à Mme Ashton seule de décider qui obtiendrait les hauts postes.
La structure n'est pas inspirée par Paris
M. Vale de Almeida a rejeté les rumeurs selon lesquelles l'idée de l'organigramme pour le SEAE venait de Paris et les Etats membres étaient derrière le premier projet (EURACTIV 26/03/10).
Je ne suis pas d'accord sur le fait que la structure ait été inspirée par une capitale. La responsabilité de lancer cette idée appartenait seulement à Mme Ashton, a-t-il déclaré, ajoutant que la proposition était le résultat de consultations étendues.
Lorsqu'on l'a interrogé sur les critiques émises par les eurodéputés, en particulier les co-rapporteurs Guy Verhofstadt et Elmar Brok, M. Vale de Almeida a dit que les parlementaires exerçaient leur droit d'examiner la proposition, et que leurs opinions devaient être respectées.
Nous écouterons les avis du Parlement et discuterons de la question avec les eurodéputés. La consultation avec le Parlement européen fait intégralement partie de ce processus, a-t-il ajouté.
Interrogé sur la taille de l'effectif envisagée pour le SEAE, M. Vale de Almeida a dit qu'il était trop tôt pour parler de chiffres mais a utilisé la Direction générale des relations extérieures (DG REFLEX) comme point de référence.
Nous avons entre 800 et 900 personnes à Bruxelles, et 5 500 personnes au total à travers le monde. Toutes ces personnes ne seront cependant pas transférées au SEAE, a-t-il déclaré.
"Il est normal de croire qu'une bonne partie de la DG RELEX sera intégrée dans ce service. Et une bonne partie de la DG E du Conseil et d'autres structures du Conseil également", a-t-il ajouté.
Pour lire la version intégrale de l'entretien (en français), cliquez ici.