La confirmation de Raffaele Fitto à la Commission européenne divise les partis italiens
L’approbation par les eurodéputés de Raffaele Fitto comme l’un des nouveaux vice-présidents exécutifs de la Commission européenne, chargé de la Cohésion et des Réformes, a provoqué des réactions mitigées en Italie.
L’approbation par les eurodéputés de Raffaele Fitto comme l’un des nouveaux vice-présidents exécutifs de la Commission européenne, chargé de la Cohésion et des Réformes, a provoqué des réactions mitigées en Italie.
Raffaele Fitto, ancien ministre italien des Affaires européennes, est issu du parti d’extrême droite Fratelli d’Italia (Conservateurs et Réformistes européens/CRE) de la Première ministre Giorgia Meloni. Cette dernière a salué la nomination de son collègue comme un succès pour la nation.
« C’est une victoire pour tous les Italiens, pas seulement pour le gouvernement ou une seule force politique. Elle réaffirme le rôle central de l’Italie en Europe, conformément à notre statut de membre fondateur de l’Union européenne [UE], de deuxième producteur européen et de troisième économie », a affirmé la Première ministre italienne.
Fratelli d’Italia, qui n’avait pas voté pour la première nomination d’Ursula von der Leyen en tant que présidente de la Commission, a confirmé qu’il soutiendrait la nouvelle Commission lors du vote en plénière du Parlement européen le 27 novembre prochain.
Raffaele Fitto a été salué par une ovation lors de la session de jeudi à la Chambre des députés italienne, après les remarques du chef parlementaire de Fratelli d’Italia, Tommaso Foti, qui a qualifié sa nomination de « victoire pour l’Italie et pour la Première ministre ».
La Lega (Patriotes pour l’Europe) de Matteo Salvini a fait l’éloge du responsable politique issu de son allié au gouvernement, tout en réitérant son intention de ne pas soutenir la nouvelle Commission.
Le député de la Lega Stefano Candiani a soutenu le nouveau commissaire italien devant la Chambre des députés, reconnaissant l’opposition de son parti à la majorité d’Ursula von der Leyen, mais célébrant la nomination comme « une réussite significative pour notre pays ».
Le porte-parole du Partito Democratico (PD, Socialistes et Démocrates européens), Peppe Provenzano, a quant à lui adopté un ton plus prudent.
Il a souhaité bonne chance à Raffaele Fitto, mais a souligné que la nouvelle Commission ne comblerait pas les lacunes politiques pour le Partito Democratico. Il a également souligné les divergences entre les déclarations de Raffaele Fitto lors de son audition de confirmation et les politiques du gouvernement de Giorgia Meloni.
« Lors de son audition, [Raffaele] Fitto a contredit toutes les positions politiques défendues par cette majorité », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il s’engageait « à poursuivre les intérêts européens non seulement par les traités, mais aussi en suivant les lignes directrices présentées par Ursula von der Leyen en juillet, y compris en défendant le Green Deal contre d’éventuels retours en arrière », a-t-il ajouté.
La délégation des Verts italiens a annoncé son opposition à la deuxième Commission d’Ursula von der Leyen, citant le changement d’alignement politique et ses implications pour les politiques écologistes. « En seulement trois mois, la Commission [d’Ursula] von der Leyen est passée d’une coalition de centre gauche à une nouvelle coalition de centre droit. Cela compromet les valeurs et les programmes des Verts/ALE », a affirmé la délégation.
« Ce réalignement nous empêche de soutenir le nouveau Collège des commissaires », a-t-elle ajouté.
Valentina Palmisano du Movimento 5 Stelle (La Gauche) a également critiqué le processus, le qualifiant de « farce » et déplorant une perte pour la démocratie européenne.
« La transparence a fait défaut, les candidats n’ont pas été évalués sur la base de leurs mérites, et les règlements ont été ignorés lorsque des déclarations supplémentaires sans valeur juridique ont été incluses dans le rapport final », a-t-elle confié.
[Édité par Anna Martino]