La droite espagnole prépare une motion de censure contre Pedro Sánchez
Le chef de l’opposition conservatrice espagnole, Alberto Núñez Feijóo, a annoncé que son parti allait sonder les alliés du Premier ministre Pedro Sánchez afin de vérifier s’ils accepteraient de soutenir une motion de censure contre lui.
Le chef de l’opposition conservatrice espagnole, Alberto Núñez Feijóo, a annoncé mardi 1er juillet que son parti allait prochainement sonder les alliés de Pedro Sánchez afin de vérifier s’ils accepteraient de soutenir une motion de censure contre le Premier ministre.
Cette décision intervient au lendemain de la décision d’un juge d’ordonner la détention préventive de Santos Cerdán, numéro deux du Parti socialiste-ouvrier (PSOE) de Pedro Sánchez, dans le cadre d’un vaste scandale de corruption qui secoue le parti depuis deux semaines.
« Son numéro deux a passé la nuit en prison, mais Sánchez a l’intention de continuer. C’est intenable », a fustigé Alberto Núñez Feijóo sur X.
Il a également chargé Miguel Tellado, porte-parole de son parti au parlement, le Partido Popular (PP), de contacter les groupes qui soutiennent le gouvernement Sánchez pour leur demander s’ils lui sont toujours fidèles.
« À l’heure actuelle, ils sont le seul obstacle qui empêche les Espagnols de s’exprimer, et nous pouvons réparer tant de décadence », a-t-il ajouté.
La porte-parole du gouvernement, Pilar Alegría, a exclu toute implication du PSOE dans l’affaire qui a mené à la condamnation de Santos Cerdán, a rapporté El País.
Exploiter le mécontentement des catalans
Pedro Sánchez gouverne avec une majorité précaire grâce à une coalition entre le PSOE et la plateforme de gauche Sumar, soutenue à son tour par des petits partis nationalistes et séparatistes.
Parmi ceux-ci figurent le parti séparatiste catalan Ensemble pour la Catalogne (JxCat), dirigé Carles Puigdemont, ainsi que la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), le parti nationaliste basque PNV et le parti radical de gauche EH Bildu.
Pedro Sánchez a notamment promis à JxCat, en échange du soutien à son gouvernement, une loi d’amnistie controversée pour les personnes impliquées dans la tentative de sécession d’octobre 2017 en Catalogne. Cet accord a été négocié par Santos Cerdán lui-même.
À plusieurs reprises, l’ancien président catalan actuellement en exil, Carles Puigdemont, a déclaré que l’accord entre le PSOE et JxCat n’était pas respecté, affirmant que Pedro Sánchez « n’était pas digne de confiance ». Ce mécontentement pourrait être utilisé par le PP pour rallier davantage de soutien à une motion de défiance.
La gauche réagit elle aussi
La réaction n’est pas venue uniquement de la droite. La plateforme de gauche Sumar, qui gouverne avec le PSOE, et la gauche espagnole au sens large, y compris le parti radical Podemos, ont exigé des mesures « exemplaires » en réponse au scandale.
« Voir [Santos] Cerdán aller en prison est une honte. La situation est très grave. Nous devons agir maintenant », a affirmé mardi la ministre du Travail et ancienne dirigeante de Sumar, Yolanda Díaz.
Face à l’escalade de la crise, elle a annoncé que la vice-présidente María Jesús Montero (PSOE) et le ministre de la Culture et porte-parole de Sumar, Ernest Urtasun, se réuniraient mercredi 2 juillet au parlement.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]