La facture énergétique de la France bondit de 11 % en 2012
En 2012, la consommation d'énergie a chuté en France. Ce qui n'a pas empêché la facture énergétique de grimper de 7 milliards d'euros, soit 11 %. Un constat qui pourrait faire vaciller la position du gouvernement sur le gaz de schiste.
En 2012, la consommation d'énergie a chuté en France. Ce qui n'a pas empêché la facture énergétique de grimper de 7 milliards d'euros, soit 11 %. Un constat qui pourrait faire vaciller la position du gouvernement sur le gaz de schiste.
La consommation baisse, mais la facture monte. Un paradoxe ? Pas vraiment quand on voit le mix énergétique français, qui reste très dépendant des importations d'énergies fossiles dont les prix jouent au yoyo en permanence.
Les données énergétiques 2012, publiées le 30 juillet par le ministère de l'écologie, de l'environnement et du développement durable, confirment une tendance haussière inexorable. Au total, l'addition se chiffre à 68,7 milliards d'euros, en hausse de 7 milliards d'euros par rapport à 2011. Soit une variation de + 11 %, alors que dans le même temps, la consommation d'énergie a baissé de 0,7 %, principalement en raison de l'activité industrielle en berne.
En 2012, la facture énergétique s'est alourdi pour toutes les énergies : + 4 milliards d'euros pour le pétrole (soit 55 milliards d'euros), près de 2 milliards d'euros en plus pour le gaz, + 140 millions d’euros pour le charbon. Sur l'année 2012, les exportations d'électricité ont aussi fléchi, en raison d'une faible disponibilité des centrales nucléaires.
Et ce sont les ménages qui ont payé l'addition. La facture moyenne des ménages a augmenté de 200 euros pour atteindre 3200 euros par ménage, un nouveau record, là aussi.
Les statistiques de l'énergie 2012, publiées discrètement au coeur de la trêve estivale, font donc apparaître un problème structurel : le mix énergétique français expose lourdement le pays, mais surtout les ménages français aux variations des prix de l'énergie.
La question du recours aux gaz de schiste, qui pourrait alléger l'addition globale, ne peut passer à côté de ces statistiques qui pèsent lourdement sur l'activité économique de la France, la consommation et donc la croissance et l'emploi étant ralentis par un budget faramineux consacré à la facture énergétique.