La Finlande cherche une solution pour limiter les visas touristiques accordés aux Russes
En l’absence d’une solution au niveau de l’Union européenne concernant les visas pour les citoyens Russes, la Finlande entend interpréter elle-même les accords de l’UE et de l’espace Schengen afin d’élaborer sa propre solution.
En l’absence d’une solution au niveau européen concernant les visas accordés aux citoyens russes, la Finlande entend interpréter elle-même les accords de l’UE et de l’espace Schengen afin d’élaborer sa propre solution. Cette décision intervient suite à l’augmentation du nombre de Russes franchissant sa frontière en raison de l’annonce de la mobilisation partielle du président russe Vladimir Poutine.
Les États baltes et la Pologne ont déjà interdit l’entrée aux Russes, tandis que la Finlande s’en tient aux accords de l’espace Schengen et attend les consignes de l’UE. En conséquence, le pays a été la seule frontière terrestre permettant aux citoyens russes d’entrer dans l’Union.
Le discours du président russe a rendu cette politique inutile, et l’on suppose que le nombre de Russes souhaitant quitter le pays va augmenter. Lors de l’assemblée de l’ONU, le ministre finlandais des Affaires étrangères, Pekka Haavisto, a déclaré que des restrictions plus fermes étaient désormais nécessaires.
Le chancelier de Justice Tuomas Pöysti a ouvert la voie à de nouvelles réglementations jeudi (22 septembre). S’adressant au journal finlandais Ilta-Sanomat, M. Pöysti a déclaré que les tentatives de trouver une position commune au sein de l’UE sur les visas peuvent désormais être considérées comme un échec.
Par conséquent, le gouvernement et les autorités disposent d’une plus grande marge de manœuvre, y compris dans le cadre juridique. Cependant, comme il n’y a pas de temps pour une nouvelle législation, il ne reste peut-être qu’une seule alternative : interpréter indépendamment les accords de l’UE et de Schengen, a déclaré M. Pöysti.
On s’attend à des dissensions politiques au sein du Parlement finlandais. L’opposition, en particulier le Parti des Finlandais, parti nationaliste, serait prête à fermer la frontière si nécessaire, tandis que la ministre de l’Intérieur Krista Mikkonen (Verts) estime que de telles mesures sont prématurées.
Jeudi matin, les gardes-frontières finlandais ont indiqué sur Twitter que mercredi, aux points de passage du sud-est de la Finlande, 4 824 citoyens russes avaient franchi la frontière, ce qui représente une augmentation de 57 % par rapport à la semaine précédente.
Les témoignages recueillis dans l’après-midi faisaient état de files d’attente de plusieurs centaines de mètres, mais la situation était apparemment calme et sous contrôle.
Dans le même temps, un nombre croissant de citoyens russes seraient entrés en Serbie cette semaine, malgré le prix élevé des billets d’avion (jusqu’à 9 000 euros) qui ont tous été vendus.