La FNSEA appelle à une flexibilité des aides de la PAC

Le président du premier syndicat agricole français, Jean-Michel Lemétayer, réclame des mesures pour aider les producteurs contre la volatilité des prix et des marchés.

Le président du premier syndicat agricole français, Jean-Michel Lemétayer, réclame des mesures pour aider les producteurs contre la volatilité des prix et des marchés.

2009 a été la pire année depuis 30 ans pour les agriculteurs. 2010 sera celle de la mise en œuvre du bilan de santé de la PAC. Et de l’arrivée d’un nouveau commissaire européen à Bruxelles. Au cours de ses traditionnels vœux, le président de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer, est revenu sur les enjeux de cette évolution de la politique agricole européenne.

Il a exigé que le gouvernement surveille de très près le rééquilibrage des aides directes aux agriculteurs, au détriment des céréaliers. «Au prix actuel des céréales, une baisse des aides ne sera pas supportable» par les agriculteurs qui devront faire un effort, a-t-il souligné. Dans le contexte de libéralisation des marchés et de fluctuation des prix, il a affirmé son soutien au ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, dans sa volonté de faire évoluer la politique agricole commune.

Depuis son arrivée au ministère, le successeur de Michel Barnier plaide en effet pour la mise en place de régulations pour limiter la très grande variabilité des prix, «insupportables pour les producteurs». «La réponse à la volatilité des marchés est la flexibilité des aides», a martelé le patron de la FNSEA. «Il faut aider davantage quand ça va mal, et moins quand ça va bien», a-t-il expliqué, reprenant l’une de ses revendications-phares vis-à-vis de la PAC.

«Je demande que l’on travaille sur ce que pratiquent les Américains de manière très réactive.» Les États-Unis ont distribué 15 milliards de dollars à leurs agriculteurs en 2008, avant de faire passer la somme à 27 milliards en 2009.

Traité de Lisbonne

Une question qu’il devra soumettre au prochain commissaire européen en charge de l’Agriculture, le Roumain Dacian Ciolos. «S’il a pour seul approche de continuer ce que fait Mme Fisher Boel, nous avons de quoi être inquiets», a-t-il prévenu, faisant allusion à la commissaire sortante, accusée par les agriculteurs français d’avoir libéralisé le secteur à outrance.

Au Parlement européen, 2010 sera aussi la première année du traité de Lisbonne, qui permet aux eurodéputés de devenir co-législateurs dans le domaine agricole. «C’est une occasion d’être plus en contact avec la commission Agriculture», s’est réjoui Jean-Michel Lemétayer. Une commission dans laquelle siègent notamment les Français Michel Dantin et Christophe Béchu (UMP – PPE), Stéphane Le Foll (PS – S&D), et José Bové (Europe Ecologie – Verts/ALE).

Quelques jours après la censure de la taxe carbone par le Conseil constitutionnel, le patron des agriculteurs a également rappelé sa farouche opposition à ce nouvel impôt. «Nous ne sommes pas opposés à une fiscalité verte, a-t-il souligné. Mais nous pensons que cette fiscalité verte ne peut être qu’européenne.»

Pour Jean-Michel Lemetayer, l’instauration d’une taxe dans un seul pays, comme la taxe carbone, ne pourrait que renforcer les distorsions de concurrence entre les producteurs européens. «Dans un marché européen totalement libéralisé, on ne peut pas continuer à se battre avec des charges que n’ont pas à subir nos partenaires et concurrents européens», a-t-il souligné.