La France et l’Allemagne divisées sur le prochain budget de l’UE
À l’approche des négociations sur le budget 2028-2034 de l’UE, Paris et Berlin affichent des positions divergentes. Réunis avec sept autres grands États contributeurs lundi 17 novembre, ils ont peiné à s’entendre sur la proposition budgétaire de la Commission.
Lors d’un petit-déjeuner de travail précédant un débat ministériel lundi, neuf importants contributeurs au budget de l’Union, dont les Pays-Bas, l’Irlande et la Belgique, ont cherché à coordonner leur réponse à la proposition de cadre financier pluriannuel (CFP) de la Commission — une enveloppe de 2 000 milliards d’euros pour la période 2028-2034.
Ils ont tous convenu que le plan était trop coûteux dans sa forme actuelle.
La ministre suédoise des Affaires étrangères, Jessica Rosencrantz, a déclaré que son pays « verrait ses contributions augmenter de 60 % », ce qui n’est selon elle « pas réaliste ».
Pour la ministre autrichienne Claudia Plakolm, une forte augmentation des contributions « n’est acceptable ni sur le plan économique ni sur le plan politique ».
Mais le groupe reste largement divisé sur les coupes à effectuer et la manière de remodeler le budget, qui suscite la controverse depuis sa proposition par la Commission en juillet.
L’Allemagne, tout comme la Suède, les Pays-Bas et la Finlande, est un fervent partisan des plans de réforme budgétaire de la Commission, visant à fusionner et à réduire les subventions agricoles et régionales.
À l’inverse, la France, grand pays agricole, y est farouchement opposée.
Lors de la réunion de lundi, le ministre délégué chargé de l’Europe Benjamin Haddad a appelé à suspendre les réformes liées à l’agriculture et a soutenu le nouvel objectif rural proposé par Ursula von der Leyen, qui consiste à consacrer quelque 50 milliards d’euros supplémentaires au soutien des agriculteurs.
« La Commission a apporté plusieurs réponses spécifiques qui, selon moi, vont dans la bonne direction, mais nous devons aller plus loin », a indiqué Benjamin Haddad lundi.
Il s’est toutefois abstenu de demander le retrait des fonds agricoles des plans nationaux centralisés proposés, qui seront négociés entre Bruxelles et les capitales directement, et a insisté sur la nécessité de maintenir un soutien financier suffisant.
D’autres membres du groupe ont également fait part de leurs préoccupations. L’Irlande a estimé que l’enveloppe réservée à la Politique agricole commune (PAC) était insuffisante, tandis que l’Autriche a mis en garde contre le fait que l’approche de la réforme « pourrait conduire à une fragmentation inutile ».
En dehors du groupe des neuf grands contributeurs, l’opposition aux coupes budgétaires est encore plus forte.