La France joue la carte d’un déconfinement gradué
Le plan de déconfinement progressif du gouvernement français mise sur une stratégie de test et d'isolement des malades pour maîtriser la deuxième vague de contamination.
Le plan de déconfinement progressif du gouvernement français mise sur une stratégie de test et d’isolement des malades pour maîtriser la deuxième vague de contamination.
Le déconfinement à la française ne se fera pas en un jour. Lors d’un discours devant les députés français à l’Assemblée nationale, le Premier Ministre Edouard Philippe a dévoilé les contours du plan de déconfinement du pays qui devrait débuter le 11 mai.
Lors de cette allocution d’une heure, Edouard Philippe a détaillé les mesures multiples de précautions qui seraient maintenues dans l’Hexagone après le 11 mai pour éviter une reprise de l’épidémie. Et les contraintes seront nombreuses. « Nous allons devoir vivre avec le virus », a expliqué Edouard Philippe, alors que le nombre de décès s’établit 23.660 morts depuis le 1er mars.
Le plan de déconfinement graduel que devra appliquer la France cherche un équilibre difficile entre le maintien des mesures de distanciation sociale et de protection qui ont permis un ralentissement de l’épidémie, et une relance d’une économie mise à mal par les semaines de confinements. « Il faut protéger les Français sans immobiliser la France »a institué le chef du gouvernement.
Parmi les principales mesures d’assouplissement, le Premier ministre a annoncé la fin de l’usage d’attestation de déplacement après le 11 mai. Les Françaises et Français seront ainsi autorisés à se déplacer sans remplir d’attestation dans un périmètre de 100 km autour de leur domicile. Les rassemblements de moins de 10 personnes seront également possibles.
Les commerces non essentiels qui avaient fait l’objet d’une fermeture administrative pendant la phase de confinement pourront rouvrir leur porte au public, sous réserve de respect des consignes sanitaires. Les bars et les restaurants ne seront pour l’instant pas rouverts au public. Enfin, les écoles rouvriront progressivement, mais en accueillant un nombre limité d’élèves.
Ces mesures de déconfinement seront mises en œuvre « progressivement, prudemment » et « si les conditions sont réunies » et que le nombre de cas et d’hospitalisations continue de baisser, a prévenu Edouard Philippe.
Nombreuses contraintes
Pour autant, nombre de restrictions seront encore en vigueur. Les grands événements culturels ne seront pas réautorisés, les plages resteront fermées au public jusqu’au 2 juin minimum. Les espaces verts pourront rouvrir uniquement dans les territoires où la circulation du virus reste faible. Le port du masque sera obligatoire dans les transports publics ainsi que le respect des mesures de distanciation sociale. Le télétravail restera la règle pour les entreprises où la présence des salarié n’est pas indispensable.
Autre mesure drastique présentée par le chef du gouvernement, la mise en œuvre d’une politique de tests, traçage des contacts du malade et isolement des cas positifs qui doit permettre d’éviter une deuxième vague de contamination trop forte.
Ainsi, toute personne présentant des symptômes du Covid-19 ainsi que son entourage seront testés de manière systématique. Les personnes contaminées seront ensuite placées en isolement pendant 14 jours afin de « casser la chaine de contamination ». Pour la mise en œuvre opérationnelle de cette stratégie calquée en partie sur le modèle sud-coréen, la France a prévu de réaliser 700 000 tests virologiques par semaine. Une gageure alors que le pays a jusqu’ici sous-testé sa population faute d’équipement.
Le plan de déconfinement du Premier ministre a largement été approuvé par l’Assemblée nationale par 368 voix contre 100, et 103 abstentions.