La médiocre performance de Bratušek met Juncker en difficulté
La Slovène Alenka Bratušek, commissaire et vice-présidente chargée de l'Énergie, a réalisé une piètre performance lors de son audition devant deux commissions parlementaires le 6 octobre.
La Slovène Alenka Bratušek, commissaire et vice-présidente chargée de l’Énergie, a réalisé une piètre performance lors de son audition devant deux commissions parlementaires le 6 octobre.
La défiance du Parlement européen envers le collège des commissaires de Jean-Claude Juncker est de plus en plus forte. À la suite de la désastreuse audition de Miguel Arias Cañete, le commissaire désigné au Climat et à l’énergie, devant les eurodéputés la semaine dernière, la contre-performance de la Slovène Alenka risque de poser un sérieux problème à la Commission Juncker.
Alenka Bratušek, l’ex-première ministre de la Slovénie, est passée devant la commission de l’industrie, de la recherche et de l’énergie, mais aussi devant celle chargée de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire.
Dans sa lettre de mission, Alenka Bratušek s’est vue attribuer le pilotage et la coordination de plusieurs commissaires. Parmi ceux-ci, on retrouve le commissaire à l’action pour le climat et à l’énergie, celui des transports et de l’espace, celui du marché intérieur, de l’industrie, de l’entreprenariat et des PME, celui de l’environnement, des affaires maritimes et de la pêche, celle de la politique régionale, celui de l’agriculture et du développement rural, enfin celui de la recherche, des sciences et de l’innovation.
Lui-même ancien premier ministre, et ce, sur une très longue durée, Jean-Claude Juncker a confié des responsabilités en priorité à d’autres premiers ministres en leur assignant les postes de vice-présidence et des portefeuilles importants. À l’instar de Alenka Bratušek, le Finlandais Jyrki Kataine est vice-président et sera responsable de l’emploi, de la croissance, de l’investissement et de la compétitivité. De même, le Letton Valdis Dombrovskis est vice-président de l’euro et du dialogue social, ou encore Andrus Ansip, qui a été vice-président du marché unique numérique.
Selon elle, Alenka Bratušek aurait permis d’éviter à son pays un sauvetage européen. L’année dernière, les médias avaient en effet estimé que la somme nécessaire pour recapitaliser les banques du pays était de 5 milliards d’euros. Mais, le pays a, sous la férule d’Alenka Bratušek, entrepris des réformes difficiles afin de ne pas avoir à faire appel à la communauté internationale.
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Alenka Bratušek a été vertement critiquée pour s’être nommée elle-même au poste de commissaire dans les derniers jours de son mandat de premier ministre, qu’elle a perdu lors des élections de juillet dernier.
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Acculée par les eurodéputés lors de l’audition, elle s’est défendue de s’être choisie et a rappelé qu’elle avait soumis trois candidats, dont elle. Elle a à cette occasion remercié Jean-Claude Juncker. Ceci, cependant, n’a pas satisfait les eurodéputés, qui ont considéré que la situation avait des relents de corruption.
Alenka Bratušek s’est vue entre autres reprochée d’avoir chanté un chant communiste. Une vidéo circule en effet sur les médias sociaux où on la voit chanter « Evviva il comunismo e la libertà » (« Et vive le communisme et la liberté »), un couplet très connu de « Bandiera Rossa », l’une des chansons les plus populaires de l’ère communiste. Mme Bratusek a expliqué que ce chant était avant tout antifasciste dans son pays, et qu’elle ne voyait aucun problème à l’entonner.
Interrogée sur son portefeuille, Alenka Bratušek n’a pas su convaincre. Elle s’est contentée de faire des déclarations évasives, elle a cité la nécessité d’achever le marché intérieur de l’énergie et de mettre en place les infrastructures adaptées. À maintes reprises, elle s’est excusée pour ses redites.
La Slovène se dit libérale et a en effet fondé un parti libéral. Mais les quatre eurodéputés qu’elle a envoyés ne sont pas affiliés à l’ADLE au sein du Parlement européen.
Au vu de l’audition accablante de Miguel Arias Cañete, et celle médioce d’Alenka Bratušek, Jean-Claude Juncker devra sans doute remanier rapidement son « cluster » énergie à l’avenir.