La moitié des Tchèques préfèrent négocier les importations d’énergie avec la Russie plutôt que de couper les liens
Les citoyens tchèques sont plus favorables à la négociation des importations d’énergie avec la Russie qu’à une rupture totale des liens, malgré les coûts élevés et les économies nécessaires qui en résulteraient.
Les citoyens tchèques sont plus favorables à la négociation des importations d’énergie avec la Russie qu’à une rupture totale des liens, malgré les coûts élevés et les économies nécessaires qui en résulteraient, selon une enquête de Kantar, publiée par la télévision tchèque dimanche (11 septembre).
Selon l’enquête, 49 % des Tchèques sont favorables à une négociation avec la Russie, tandis que 43 % sont favorables à une coupure totale des liens avec le pays de Vladimir Poutine, indique l’enquête.
« La société tchèque est divisée en deux grandes parties similaires sur la question de savoir si elle doit se couper du gaz et du pétrole russes ou si elle doit négocier avec la Russie », a expliqué Nikola Kopáčová, sociologue chez Kantar.
« La poursuite des approvisionnements en provenance de Russie est plus souvent soutenue par les personnes ayant un faible niveau d’éducation, notamment les électeurs du parti Liberté et démocratie directe et du parti communiste », a-t-elle ajouté.
Le Parti de la liberté et de la démocratie directe (affilié à ID, l’extrême droite du Parlement européen), actuellement dans l’opposition, a obtenu 9,6 % aux élections d’octobre 2021, tandis que le Parti communiste n’est pas représenté au Parlement. Depuis le début de la guerre en Ukraine, les deux partis poussent en faveur d’une coopération économique avec la Russie.
« Le nombre [de personnes favorables à des négociations avec la Russie] m’a désagréablement surpris », a déclaré le ministre des Finances Zbyněk Stanjura (ODS, ECR) à la télévision tchèque en réaction aux résultats du sondage de Kantar. « Je comprends ces préoccupations, mais ce n’est pas une solution », a-t-il souligné.
La République tchèque, qui dépendait des importations russes pour 97 % de sa consommation de gaz avant la guerre en Ukraine, a pris plusieurs mesures pour réduire sa dépendance.
Les installations actuelles de stockage de gaz de la République tchèque sont remplies à plus de 82 % de leurs capacités. Elle a également acheté une part dans un terminal GNL néerlandais qui devrait couvrir un tiers de sa consommation de gaz. Pourtant, les prix du gaz s’envolent quand même.
Le gouvernement tchèque devrait présenter cette semaine des mesures nationales pour faire face à la flambée des prix de l’énergie.