La politique vaccinale de l’UE, une « erreur honteuse » pour le Premier ministre albanais

Le Premier ministre albanais Edi Rama a critiqué l’Union européenne pour sa gestion de la distribution du vaccin contre la Covid-19 lors d’un panel de la Conférence de Bled, en Slovénie, où il s’est exprimé lundi.

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« J’espère et je souhaite que l’UE soit beaucoup plus ouverte, qu’elle crée un espace plus inclusif face aux drames… Ils ne peuvent plus agir comme ils l’ont fait pendant la pandémie. », a déclaré Edi Rama. [EPA-EFE/STEPHANIE LECOCQ]

Le Premier ministre albanais Edi Rama a critiqué l’Union européenne pour sa gestion de la distribution du vaccin contre la Covid-19 lors d’un panel de la Conférence de Bled, en Slovénie, où il s’est exprimé lundi.

Il a évoqué la pandémie de Covid, et plus précisément le moment où les vaccins sont devenus disponibles et ont été distribués aux États membres de l’Union européenne, laissant de nombreux autres États de côté.

« J’espère et je souhaite que l’UE soit beaucoup plus ouverte, qu’elle crée un espace plus inclusif face aux drames… Ils ne peuvent plus agir comme ils l’ont fait pendant la pandémie. Les vaccins ont été distribués partout. Nous avons des parents partout, donc nous avons tout vu, et ils n’ont même pas obtenu certains vaccins pour nos infirmières », a-t-il déclaré.

Et les critiques ne se sont pas arrêtées là.

« Mais pour les vaccins, la Serbie s’est tournée vers la Chine et la Russie, nous nous sommes précipités vers la Turquie, et sans [Recep Tayyip] Erdogan, nous aurions eu plus de décès, c’est la réalité, j’espère que l’Europe en tirera les leçons », a déclaré M. Rama.

Il a continué en qualifiant les actions de l’UE d’« erreur honteuse » car « ils ont simplement pensé à la façon de distribuer les vaccins entre eux ».

« Et nous sommes au milieu de l’Europe […], bien que nous ne soyons pas membres de l’UE. Nous sommes entourés par les frontières de l’UE, mais quand nous avons des problèmes, nous sommes seuls. »

L’Union européenne a finalement pris des mesures et commencé à distribuer des vaccins en Albanie, mais plusieurs mois après que des livraisons de Sinovac et de Sputnik provenant de Turquie et de Russie aient été assurées, le premier vaccin ayant administré en janvier 2021.

M. Rama a également évoqué l’invasion de l’Ukraine par la Russie et ses retombées au niveau mondial, notamment l’augmentation du coût de la vie et la crise énergétique, ajoutant que l’UE attend de l’Albanie et d’autres pays qu’ils se rangent de son côté, mais ne fait pas grand-chose pour les aider à lutter contre les conséquences de la guerre.

Cela étant, Mme Rama a ajouté : « Nous nous sommes alignés sur la politique étrangère de l’UE depuis le premier jour, et nous continuerons… Nous n’avons pas d’autre choix…. nous devons être patients. Nous devons continuer. L’UE est le seul refuge pour les pays comme nous. »

« Il n’y a qu’une seule destination, l’Union européenne, que ce soit dans ce siècle ou dans le siècle prochain, dans l’autre, et comme je l’ai dit, nous y entrerons, même s’il n’y a plus personne, nous y entrerons ! »

Évoquant l’élargissement à la lumière de la guerre en Ukraine, M. Rama ne s’est pas montré très optimiste quant à la possibilité que cela change grand-chose pour les Balkans occidentaux.

« Je ne crois pas que ce qui se passe va pousser l’Europe à accélérer l’adhésion, pour des raisons géopolitiques », a-t-il conclu.