La pollution atmosphérique liée à la circulation dépasserait les limites fixées par l’OMS
Bien que les émissions de dioxyde d’azote (NO2) dans l’UE et au Royaume-Uni soient en baisse, leur taux ne respecte pas les directives de l’Organisation mondiale de la santé, selon une étude.
Bien que les émissions de dioxyde d’azote (NO2) dans l’Union européenne et au Royaume-Uni soient en baisse, leur taux ne respecte pas les directives de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), selon le Centre pour la recherche sur l’énergie et la propreté de l’air (CREA).
Selon une étude réalisée par le CREA, les concentrations de ce polluant atmosphérique ont dépassé les limites fixées par l’OMS dans toutes les capitales des États membres de l’UE et du Royaume-Uni l’année dernière.
Le dioxyde d’azote est un gaz libéré lors du processus de combustion des carburants dans les secteurs du transport et de l’industrie. Lorsqu’il est inhalé, il peut avoir des effets néfastes sur le système respiratoire.
Le secteur du transport routier était la principale source d’émissions d’oxydes d’azote en 2020, responsable de 37 % des émissions, suivi du secteur agricole avec 19 %, et de l’industrie manufacturière et extractive avec 15 %, selon les données de l’Agence européenne pour l’environnement (AEE).
Cette situation est un véritable enjeu de santé publique car une grande partie des émissions du transport routier se produit dans les zones urbaines à forte densité de population. Il en résulte des niveaux élevés d’exposition humaine à ce polluant, explique le CREA.
« Cette semaine, le Parlement européen a approuvé l’interdiction en 2035 de la vente de nouvelles voitures à carburant fossile. Cependant, les niveaux de concentration de NO2 et les impacts sanitaires qui en résultent dans les villes européennes restent trop élevés », a déclaré Erika Uusivuori, analyste Europe au CREA et co-auteure du briefing.
« Les législateurs doivent trouver davantage de solutions pour réduire les émissions liées aux transports, et d’autres sources fortement émettrices, telles que la production d’électricité, doivent également être traitées immédiatement », a-t-elle ajouté.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a mis à jour en 2021 ses lignes directrices sur la qualité de l’air à la lumière de nouvelles données scientifiques, en introduisant une limite quotidienne (sur 24 heures) et en renforçant la limite moyenne annuelle autorisée des concentrations de NO2 dans l’air.
Ces lignes directrices ne sont pas juridiquement contraignantes mais peuvent être utilisées par les pays comme indicateur pour fixer des normes au niveau national.
En s’alignant davantage sur les recommandations de l’OMS, on pourrait éviter chaque année le décès de 250 000 Européens lié à l’inhalation de dioxyde d’azote, précise l’étude.

Nombre de décès et de cas d’asthme causés par le NO2 chaque année dans l’UE et au Royaume-Uni. Source : Portail CREA sur l’impact sanitaire de la pollution atmosphérique.
Avec les normes actuelles de l’UE sur les émissions, plus de 430 000 Européens meurent chaque année des conséquences des niveaux de NO2. Ce chiffre diminuerait de près de 60 % pour atteindre moins de 180 000 personnes si l’Europe s’alignait sur les recommandations de l’OMS, révèle l’étude du CREA.
Entre 2016 et 2021, la tendance était à la réduction constante des niveaux de concentration de NO2 dans la plupart des capitales européennes. À noter qu’en 2020 et 2021, les très faibles émissions étaient liées à une réduction du transport routier pendant la pandémie de Covid-19.

Moyennes annuelles de NO2 dans certaines capitales de l’UE entre 2016 et 2021. Source : CREA analyse basée sur l’AEE et le Defra.
Les plus faibles niveaux de pollution au NO2 dans les capitales européennes ont été enregistrés à Tallinn (Estonie) et à Stockholm (Suède), tandis que les plus gros émetteurs en 2021 étaient Athènes (Grèce) et Bucarest (Roumanie).
Toutefois, malgré la réduction globale, les niveaux de toutes les sources d’émission confondues dans l’UE restent trop élevés par rapport aux lignes directrices de l’OMS, souligne le CREA.
Pour illustrer ce constat, le centre de recherche a calculé la date à laquelle la limite moyenne annuelle pour le polluant est atteinte et dépassée.

Jours de dépassement dans les capitales de l’UE pour le NO2. Source : Analyse de CREA basée sur l’AEE et le Defra.
21 villes ont atteint les jours de dépassement au cours du premier semestre de l’année, Paris étant en tête avec la date du 31 mars.
Recommandations politiques
Le centre de recherche a également émis des recommandations à l’intention des décideurs politiques afin d’améliorer les normes de qualité de l’air et de préserver la santé des citoyens.
Le CREA suggère l’adoption de normes plus strictes dans la directive sur la qualité de l’air ambiant et dans la révision de la directive sur les émissions industrielles.
Il demande également la mise en œuvre des prochaines normes d’émission Euro 7 dans les plus brefs délais et le développement du réseau de bornes de recharge électrique de sorte que toutes les routes européennes soient couvertes.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]