La Pologne invite la Russie au sein du « Triangle de Weimar »

Le président polonais, Bronis?aw Komorowski, a déclaré hier (7 février) qu'il inviterait la Russie  à des réunions entre les pays du Triangle de Weimar, qui comprend la Pologne, l'Allemagne et la France, afin de renforcer les liens qu'entretient Moscou avec l'UE. Un reportage d'EURACTIV Pologne.

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Le président polonais, Bronis?aw Komorowski, a déclaré hier (7 février) qu'il inviterait la Russie  à des réunions entre les pays du Triangle de Weimar, qui comprend la Pologne, l'Allemagne et la France, afin de renforcer les liens qu'entretient Moscou avec l'UE. Un reportage d'EURACTIV Pologne.

S'exprimant lors d'une conférence de presse au palace Wilanów à Varsovie, M. Komorowski a déclaré qu'une réunion du « Triangle de Weimar » avec le président russe, Dmitri Medvedev, serait « vivement recommandée ».

Le président français, Nicolas Sarkozy, qui était aux côtés de M. Komorowski et de la chancelière allemande, Angela Merkel, a ajouté que l'approche de la Pologne envers la Russie était « intelligente et audacieuse ».

Tout acte réaffirmant la fin de la guerre froide est le bienvenu, a-t-il ajouté.

M. Komorowski a fait pression pour le renouveau des réunions du « Triangle de Weimar » (voir Background), même si de nombreux experts affirment que la formule n'est plus d'actualité dans la mesure où Varsovie d'un côté et Paris et Berlin de l'autre ont des intérêts divergents.

En effet, la nécessité de coordonner les opinions en amont de la future présidence polonaise de l'UE, prévue pour le second semestre de cette année, semble avoir été un facteur déterminant dans la décision d'organiser une autre réunion du « triangle ».

Les trois pays partagent l'objectif commun d'une meilleure coordination de leurs politiques de sécurité et de défense dans le cadre de l'UE. Une des priorités de la présidence polonaise de l'UE sera de progresser sur la politique de défense, selon la presse.

Un pacte pour la compétitivité

Pour leur part, Mme Merkel et M. Sarkozy profitent de cette opportunité pour pousser la Pologne à adopter leur nouvelle proposition de « Pacte pour la compétitivité » visant à renforcer l'économie européenne. Cette proposition de pacte a dû faire face à l'opposition de plusieurs Etats membres dès sa publication lors du sommet de l'UE de vendredi passé.

« Concernant ce pacte pour la compétitivité […] nous voudrions inviter les pays qui n'ont pas encore l'euro à y participer », a déclaré Mme Merkel lors de sa conférence de presse.

« Ce pacte, qui contient de nombreuses opportunités de réformes, est ouvert et nous souhaiterions que nos amis polonais […] y participent car il s'agit d'un pays ouvert à la réforme avec une tradition de consolidation [fiscale] », a expliqué Mme Merkel, citée par Reuters.

Une des mesures du « Pacte pour la compétitivité » consiste à ce que les pays de l'UE introduisent un système d'alerte pour les dettes dans leurs constitutions nationales. La Pologne dispose déjà d'un tel texte constitutionnel et lutte pour éviter que sa dette publique ne dépasse les 55 % du produit intérieur brut (PIB).

Budget de l'UE

Les trois dirigeants ont également discuté du budget à long terme de l'UE, une question qui divise les contributeurs nets, comme l'Allemagne et la France, et leur voisin polonais plus pauvre qui craint que les généreux financements de l'UE pour les infrastructures et la cohésion ne soient réduits pour correspondre aux réductions liées à l'austérité dans les budgets nationaux.

Mme Merkel et M. Sarkozy ont précisé que cela serait en effet difficile.

M. Sarkozy a expliqué que tout le monde devait bien comprendre qu'il était nécessaire de réduire le déficit de certains Etats membres en particulier. Selon lui, le budget de l'UE ne doit pas être traité différemment des budgets nationaux dans la mesure où le budget de l'UE est directement lié aux budgets des Etats.

M. Komorowki est resté prudent lorsqu'il a commenté cette déclaration.

« Nous attendons les propositions de la Commission européenne […] Les attentes polonaises sont liées à nos engagements dans la politique de cohésion », a-t-il déclaré.

Alors que les dirigeants étaient en réunion, des activistes du syndicat polonais Solidarno?? manifestaient contre les investissements français dans le secteur polonais de l'énergie. Les géants français GDF Suez et EDF Energy souhaitent acheter des parts dans la Polska Grupa Energetyczna (PGE) détenue par l'Etat, la plus grande entreprise polonaise dans le domaine de l'énergie.