La réduction de la part du budget agricole évoquée à Bruxelles

L’Union européenne doit financer des politiques plus nombreuses alors que son budget a peu de chances d’augmenter. La politique agricole commune pourrait en faire les frais.

EURACTIV.fr

L’Union européenne doit financer des politiques plus nombreuses alors que son budget a peu de chances d’augmenter. La politique agricole commune pourrait en faire les frais.

Dans un entretien accordé à l’AFP le 10 mai 2011, le Commissaire européen au budget, Janusz Lewandowski, a estimé qu’en raison des nouvelles politiques que l’UE doit financer, « nous avons besoin de modifier les proportions au sein du budget européen ».

Tout en précisant  : « La tendance à la baisse ces dernières années de la part de la politique agricole commune (PAC) doit se poursuivre ». Premier poste de dépense de l’UE, elle sera évidemment la première visée par une diversification du budget européen dans le cadre des négociations autour du cadre budgétaire pour la période 2014-2020.

Pas de révolution

Actuellement, la PAC représente 40% des dépenses communautaires. Dans les années 70, le chiffre atteignait 80%.

Janusz Lewandowski a toutefois modéré ses propos en ajoutant ne pas être en faveur « d’une quelconque révolution » puisque selon lui « nous sommes en mesure de faire des économies dans ce domaine sans porter atteinte à l’agriculture ».

Concrètement, si le budget général de l’UE augmente, la somme allouée à la PAC pourrait donc rester la même en termes bruts, réduisant sa part de facto. Or, dans le contexte d’austérité budgétaire actuel, une stagnation voire une réduction du budget communautaire est une possibilité. Ainsi, les agriculteurs devraient également se serrer la ceinture. Un avis de la Commission européenne est attendu en juin.

« Marquer le terrain »

Interrogée par Euractiv.fr, Geneviève Savigny de la Confédération paysanne et de la Coordination européenne de Via Campesina voit dans cette sortie du Commissaire européen, « un moyen pour marquer le terrain. Il est en train de montrer que le budget de la PAC n’est pas sanctuarisé ».

Pour l’organisation, le débat ne va pas dans la bonne direction. « Il devrait porter en priorité sur quelle politique agricole nous voulons, pas sur le budget. Notre préoccupation première est que les agriculteurs puissent avoir un vrai revenu. Cela ne passe pas uniquement par des aides directes mais aussi par une plus grand régulation pour assurer des prix de vente convenables ». 

La France est le premier pays bénéficiaire de la PAC. Lors de ses voeux au monde agricole, le Président de la République, Nicolas Sarkozy avait affirmé qu’il défendrait un budget agricole au moins égal à l’enveloppe actuelle.