La Roumanie souhaite que l'UE débatte de la montée de la xénophobie
Les dirigeants européens doivent mener un débat politique de haut niveau sur la montée de la xénophobie et des comportements anti-Européens qui menacent l'intégration, a déclaré le premier ministre roumain, Mihai R?zvan Ungureanu, lors de sa première visite officielle à Bruxelles hier (15 mars).
Les dirigeants européens doivent mener un débat politique de haut niveau sur la montée de la xénophobie et des comportements anti-Européens qui menacent l'intégration, a déclaré le premier ministre roumain, Mihai R?zvan Ungureanu, lors de sa première visite officielle à Bruxelles hier (15 mars).
« Il existe des inquiétudes quant à la manière dont les politiques européennes peuvent être remises en question par au sein des gouvernements et parlements nationaux par l'acceptation d'approches xénophobes, antidémocratiques et antieuropéennes », a déclaré M. Ungureanu à l'issue de sa discussion avec le président du Conseil, Herman Van Rompuy.
Avant de se rendre à Bruxelles, le premier ministre roumain a mis en exergue la nécessité d'organiser un sommet européen extraordinaire pour parler « très honnêtement de ce qui se passe en ce moment » et trouver des moyens de protéger les politiques pro-européennes « afin que ces cas particuliers qui sapent les politiques européennes cessent d'entraver l'intégration ».
La Bulgarie est, avec la Pologne et la Bulgarie, l'une des cibles du site Internet xénophobe lancé par le PPV, le Parti de la liberté néerlandais (voir « Contexte ») qui est une formation politique de droite.
La Commission européenne et les principaux partis politiques au Parlement européen ont condamné ce site [plus d'infos]. Le premier ministre néerlandais, Mark Rutte, a cependant refusé de prendre position, affirmant que ce site n'avait rien à voir avec le gouvernement. M. Rutte mène un gouvernement minoritaire, soutenu par le PVV.
Selon M. Ungureanu, il est temps de « discuter ouvertement des réactions de l'Europe face à l'influence politique grandissante des électeurs d'extrême droite. Nous devons reconnaître que ce problème existe et trouver des solutions. »
Le premier ministre bulgare a établi un lien entre cette tendance et l'entrée de la Bulgarie et de la Roumanie dans l'espace Schengen.
Les Pays-Bas sont le seul pays opposé à l'entrée de ces deux États membres dans l'espace de libre circulation. Il invoque en effet l'absence de réformes « substantielles et irréversibles » de leur système judiciaire et dans le domaine de la lutte contre la corruption. Plus important encore, il semblerait que M. Rutte se soit engagé auprès du PVV à ne pas opposer de veto.
« Je ne peux pas me taire sur un sujet aussi important », a déclaré M. Ungureanu. « Il s'agit d'un problème sensible, nous sommes prêts à entrer dans l'espace Schengen et nous devons à présent instaurer un dialogue politique entre notre gouvernement et ceux des autres pays européens. »
M. Ungureanu a qualifié le comportement des Néerlandais d'« injuste » et déclaré qu'il ne devrait y avoir aucune différence de droits entre les citoyens de l'Union.
Un taux d'absorption « terriblement faible »
M. Ungureanu a pris ses fonctions de premier ministre le mois dernier après plus de 20 jours de manifestations contre les mesures d'austérité et la crise économique.
À Bruxelles, il a également évoqué la façon dont son pays pourrait commencer à accéder aux fonds structurels et de cohésion inexploités qui lui sont accordés par l'UE. La Roumanie est le plus mauvais élève de l'UE en matière d'absorption des fonds européens, en raison de son manque de capacité administrative et de la corruption qui règne dans le pays.
« Actuellement, le taux d'absorption du pays est de 7,4 %, un niveau terriblement faible », a déclaré le président de la Commission, José Manuel Barroso, à l'issue de sa rencontre avec M. Ungureanu.
Les fonds alloués à la Roumanie seront perdus fin 2013. Afin d'empêcher que cela ne se produise, M. Barroso a déclaré que la Commission était prête à accueillir favorablement la requête de Bucarest visant à abaisser le niveau de cofinancement des projets promouvant la croissance et l'emploi.
Une source de la délégation roumaine a déclaré à EURACTIV que la Roumanie recevrait de l'aide pour absorber ces fonds, estimés à 6 milliards d'euros, provenant de la Banque européenne d'investissement, de la Banque mondiale, du Fonds monétaire international et de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement.
M. Barroso a également évoqué le prochain rapport du mécanisme de coopération et de vérification (CVM), mis en place pour aider la Roumanie à se débarrasser de ses lacunes en matière d'application des lois. Ce rapport attendu pour l'été couvrira la période de cinq ans qui s'est écoulée depuis l'adhésion du pays à l'UE, en 2007.
« Je ne préjugerai pas des résultats, car ils dépendront des progrès effectués en Roumanie. Je peux déjà vous dire que la Commission rejettera toute tentative de lier ce mécanisme au processus d'adhésion à l'espace Schengen. C'est une question d'impartialité », a déclaré M. Barroso.