La Russie demande le retrait des armes et du personnel des nouveaux membres de l’OTAN

La Russie demande aux États-Unis le retrait des armes et du personnel des territoires des nouveaux membres de l’OTAN et également que Washington et l’OTAN mettent un terme à l’élargissement de l’alliance vers l’est.

EURACTIV.com
Italian Foreign Minister Luigi Di Maio visits Moscow
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue italien (absent de l'image) à l'issue de leurs entretiens à Moscou, le 17 février 2022. [EPA-EFE/SHAMIL ZHUMATOV / POOL]

La Russie a demandé aux États-Unis jeudi (17 février) de retirer les armes et le personnel des territoires des nouveaux membres de l’OTAN. Elle a également demandé que Washington et l’OTAN s’engagent juridiquement à mettre un terme à l’élargissement de l’alliance vers l’est.

Ces demandes font suite aux propositions américaines visant à désamorcer les tensions à la frontière entre l’Ukraine et la Russie. Les derniers détails à ce sujet, qui interviennent dans le cadre des efforts diplomatiques déployés pour tenter de calmer la situation, proviennent de rapports publiés par des médias tels que l’agence de presse russe RIA Novosti et le journal espagnol El Pais.

Le 2 février, le journal espagnol a publié ce qu’il a présenté comme une copie ayant fait l’objet d’une fuite d’une réponse américaine aux demandes russes, dans laquelle Washington propose des discussions avec Moscou sur un accord prévoyant que les deux parties s’abstiennent de stationner des missiles offensifs ou des troupes en Ukraine. Depuis lors, l’authenticité de ce document de 11 pages a bien été confirmée.

Jeudi, l’ambassadeur américain en Russie, John Sullivan, a reçu la réponse russe à Moscou, a indiqué un haut responsable du département d’État.

Selon RIA Novosti, les grandes lignes de la réponse russe seraient les suivantes :

  • La Russie considère que les États-Unis ont « déformé » les propositions russes en matière de garanties de sécurité en vue de créer des avantages pour Washington et ses alliés, en ignorant la nature globale des propositions et en choisissant des sujets qui leur conviennent ;
  • La Russie considère comme inacceptables les demandes occidentales de retrait des troupes russes de certaines zones de son propre territoire ;
  • La Russie affirme que pour une désescalade concernant l’Ukraine, Kiev doit se conformer aux accords de Minsk, que les livraisons d’armes des pays occidentaux à l’Ukraine doivent cesser, et que celles qui ont déjà été livrées doivent être retirées, que tous les conseillers et instructeurs occidentaux doivent être rappelés, et que l’OTAN doit abandonner les exercices avec l’Ukraine ;
  • La Russie insiste sur le retrait de toutes les forces et armes américaines d’Europe centrale et orientale et des pays baltes ;
  • La Russie attend des propositions concrètes des États-Unis et de l’OTAN sur le contenu et les formes de l’engagement juridique de l’Alliance à ne pas s’étendre vers l’est.

La Russie aurait déclaré que les questions de contrôle des armements ne peuvent être considérées indépendamment des autres mesures de protection.

Les États-Unis ont annoncé jeudi dernier qu’Antony Blinken et son homologue russe, Sergueï Lavrov, avaient convenu de se rencontrer la semaine prochaine — à condition qu’il n’y ait pas d’invasion avant cela.

La Russie a rassemblé d’importantes forces aériennes, terrestres et maritimes autour de l’Ukraine, mais le Président russe Vladimir Poutine et les responsables du pays affirment que ces troupes mènent simplement des exercices d’entraînement.

La Russie a également expulsé le numéro deux de la diplomatie américaine à Moscou, a indiqué le département d’État américain, qui a condamné cette action « injustifiée ».

Le Président américain Joe Biden tiendra vendredi une conférence téléphonique sur la crise ukrainienne avec les dirigeants du Canada, de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, de la Pologne, de la Roumanie, du Royaume-Uni, de l’Union européenne et de l’OTAN, a déclaré le bureau du Premier ministre canadien Justin Trudeau.