La Russie fustige le président italien pour sa comparaison avec l’Allemagne nazie

La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a condamné la comparaison faite par le président italien Sergio Mattarella entre les actions de la Russie en Ukraine et celles de l’Allemagne nazie, provoquant un soutien unanime de la classe politique italienne.

EURACTIV Italie
18th Arraiolos meeting in Porto
Le président italien Sergio Mattarella assiste à la 18e réunion informelle des chefs d'État non exécutifs de l'Union européenne, connue sous le nom de « Groupe d'Arraiolos », au Palacio do Freixo à Porto, au Portugal, le 6 octobre 2023. [EPA-EFE/JOSE COELHO]

ROME — Les tensions entre l’Italie et la Russie montent d’un cran. La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a condamné la comparaison faite par le président italien Sergio Mattarella entre les actions de la Russie en Ukraine et celles de l’Allemagne nazie, provoquant un soutien unanime de la classe politique italienne.

« Le président italien, Sergio Mattarella, a tenu des propos offensants, établissant des parallèles scandaleux entre la Russie et l’Allemagne nazie », a réagi la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, selon les informations de l’agence de presse russe TASS.

« Il est étrange et insensé d’entendre de telles inventions blasphématoires de la part du président de l’Italie, un pays qui sait par expérience ce qu’est vraiment le fascisme », a-t-elle ajouté.

S’exprimant à l’université de Marseille la semaine dernière, le chef de l’État italien a condamné les « guerres d’agression » qui ont déclenché la Seconde guerre mondiale, déclarant que « c’était le projet du Troisième Reich en Europe ». « L’agression russe actuelle contre l’Ukraine est de cette nature », a-t-il soutenu.

Les dirigeants politiques italiens se sont ralliés à Sergio Mattarella en réponse. « Les insultes de la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, qui a qualifié les propos du président Sergio Mattarella de “fabrications blasphématoires”, sont une offense à toute la nation italienne qu’il représente », a déclaré la Première ministre Giorgia Meloni dans une note officielle.

Elle a exprimé sa « pleine solidarité, ainsi que celle de l’ensemble du gouvernement » avec le président, soulignant que Sergio Mattarella a toujours fermement condamné l’agression de la Russie contre l’Ukraine.

Le ministre de la Défense, Guido Crosetto, a cherché à minimiser la controverse, qualifiant Maria Zakharova de « soi-disant porte-parole » dont les propos devraient être ignorés. « Ce n’est pas la Russie qui parle, mais plutôt une personne qui, au fil des ans, a prononcé toutes sortes de déclarations », a commenté Guido Crosetto.

« Nous avons tous réagi comme elle le méritait, car elle n’est pas quelqu’un qui peut même oser prononcer le nom du président de la République italienne », a-t-il poursuivi. « Nous lui avons dit de rester à sa place et de lire avant de commenter la prochaine fois. »