La santé en tête des priorités du nouveau gouvernement travailliste britannique

Le nouveau gouvernement travailliste entre en fonction avec une nouvelle approche ambitieuse de la santé, mais des questions se posent sur le financement de ces plans.

Euractiv.com
Britain’s new Prime Minister Keir Starmer appoints his cabinet
Wes Streetin, le porte-parole du Parti travailliste pour la santé.

Le nouveau gouvernement travailliste entre en fonction avec une nouvelle approche ambitieuse de la santé, mais des questions se posent sur le financement de ces plans.

Wes Streetin, le porte-parole du Parti travailliste pour la santé, a entamé, mardi (9 juillet), des négociations pour résoudre le conflit salarial avec les médecins. Il est peu probable qu’il réponde aux exigences des médecins, qui réclament un « rétablissement complet » des niveaux de rémunération, ce qui, selon eux, nécessite une augmentation de 35 % répartie sur plusieurs années. Wes Streetin reste toutefois optimiste quant à la possibilité de résoudre le différend.

Dans un communiqué publié après sa nomination au poste de secrétaire d’État à la santé et aux soins sociaux, Wes Streeting a déclaré : « Ce gouvernement a été mandaté par des millions d’électeurs pour changer et réformer le NHS ».

La santé est l’une des cinq principales « missions » du gouvernement travailliste, qui préfère se concentrer et agir au lieu des objectifs étroits fixés par les précédents gouvernements travaillistes. Le porte-parole reconnait l’ampleur du défi qui l’attend : « Il faudra du temps, nous n’avons jamais prétendu que le NHS pouvait être réparé du jour au lendemain. »

Selon l’enquête British Social Attitudes (BSA) de 2023, une personne interrogée sur quatre sont insatisfaite du NHS, et seulement 13 % se disent satisfaites des soins sociaux.

Les principales raisons du mécontentement sont les longues listes d’attente pour les rendez-vous chez le médecin et à l’hôpital, le manque de personnel et le sous-financement. L’engagement du Parti travailliste à résoudre ces problèmes, ainsi que des années de déclin sous les conservateurs, est l’une des raisons pour lesquelles le parti a remporté une victoire écrasante lors des élections générales de la semaine dernière.

Dans son manifeste, le parti s’est engagé à proposer 40 000 rendez-vous supplémentaires chaque semaine, à doubler le nombre de scanners du cancer et à promouvoir le retour du concept de « médecin de famille ».

D’autres propositions, comme le recrutement de 8 500 experts en santé mentale et l’octroi de 125 millions de livres sterling supplémentaires pour un nouveau plan de sauvetage de la dentisterie, visent à inverser la tendance et à fournir de meilleurs services.

Un rapport récent du King’s Fund, un groupe de réflexion sur la santé basé au Royaume-Uni, a constaté que le manifeste ne contenait que peu de détails sur la manière de réaliser ces engagements. Les 40 000 rendez-vous supplémentaires se traduiront par une augmentation significative des gardes du soir et de la nuit, ce qui alourdira la charge de travail d’un personnel déjà à bout de souffle et souffrant d’épuisement professionnel.

L’objectif du parti de résorber l’arriéré des listes d’attente en cinq ans « nécessitera de réels efforts et une concentration absolue, et pourrait signifier que d’autres grandes réformes transformationnelles seront plus lentes à réaliser », a expliqué Sarah Woolnough, directrice générale du King’s Fund.

Si le manifeste pose un diagnostic sur les problèmes de santé du pays, le financement de cette réforme n’est pas clair.

Paul Johnson, de l’Institute for Fiscal Studies du Royaume-Uni, a affirmé que des choix difficiles s’imposaient avec une dette et des impôts élevés alors que les services publics sont en difficulté, mais qu’aucun parti n’en tenait compte dans ses projets : « On ne peut pas s’engager à mettre fin à tous les délais d’attente de plus de 18 semaines, ne pas allouer d’argent à cet engagement et prétendre ensuite avoir un manifeste entièrement chiffré. »