La seule chance pour la Bosnie d'adhérer à l'UE est d’entamer les négociations en mars, selon une eurodéputée croate
Si la Bosnie ne commence pas les négociations d’adhésion en mars, non seulement le pays ne passera pas l’année 2014 à préparer son adhésion à l’UE, mais il pourrait également ne plus jamais avoir l’occasion d’ouvrir ces négociations, a averti Željana Zovko.
Si la Bosnie-Herzégovine ne commence pas les négociations d’adhésion à l’UE en mars, non seulement le pays ne passera pas l’année 2024 à préparer son adhésion l’UE, mais il pourrait également ne plus jamais avoir l’occasion d’ouvrir ces négociations, a averti l’eurodéputée croate Željana Zovko lors d’un entretien accordé à Euractiv.
Selon Mme Zovko, la Bosnie-Herzégovine devrait lancer de toute urgence une offensive diplomatique, visant les Pays-Bas, ainsi que l’Allemagne, la France et L’Italie.
« Si la Bosnie ne saisit pas le moment présent, il est très probable qu’elle ne dispose pas d’une prochaine opportunité, du moins pas dans un avenir prévisible. D’un autre côté, une fois les négociations ouvertes, l’histoire est déjà faite, car on ne peut pas revenir au statut de candidat. Il s’agit donc d’un moment clé. Si quelqu’un en Bosnie ne comprend pas cela, c’est qu’il s’est égaré en politique », a-t-elle déclaré.
Mme Zovko, ancienne ambassadrice de Bosnie-Herzégovine en Espagne, en France et en Italie, et aujourd’hui députée du HDZ et du PPE, a déclaré que le climat politique en Europe était en train de changer et que les partis qui s’opposent à de nouveaux élargissements arrivaient au pouvoir dans les États membres.
« Il est important pour la Bosnie de lancer enfin une offensive diplomatique et d’agir à l’unisson, et non de manière divisée. Après cette visite du ‘trio européen’, il serait important que les représentants diplomatiques de la Bosnie se rendent dans les centres où les décisions sont prises — Berlin, Paris, Rome, et cetera», a déclaré Mme Zovko.
« À ces occasions, la Bosnie devrait solliciter l’ouverture de négociations en mars. De la même manière, nous devons commencer à changer le climat qui règne autour de la Bosnie en Europe et montrer que c’est un pays qui peut prendre des décisions de manière indépendante. Pour cela, il est nécessaire que les politiciens bosniaques travaillent en faveur de l’adhésion à l’UE, et non contre elle », a-t-elle ajouté.
Elle a également noté qu’il était surprenant que les responsables politiques issus des rangs de l’ethnie bosniaque n’aient pas fait de lobbying aux Pays-Bas jusqu’à présent, surtout si l’on considère les événements de Srebrenica en 1995 et la position des Pays-Bas à ce sujet.
« Aux Pays-Bas et en Europe, on pense toujours que la Bosnie est un pays en crise. Dans une telle situation, la seule chose qui puisse aider la Bosnie est que le gouvernement et l’opposition soient sur la même voie, c’est-à-dire celle de l’adhésion à l’UE », a affirmé Mme Zovko.
Elle a également averti que la communauté internationale ne devrait pas intervenir en Bosnie-Herzégovine lorsque les représentants des trois peuples constitutifs — Bosniaques, Croates et Serbes — s’accordent sur les changements à apporter en matière de législation.
Mme Zovko n’est pas d’accord avec l’évaluation qui veut que la Constitution de la Bosnie-Herzégovine, qui a été rédigée à Dayton en 1995, soit modifiée avant d’amender la loi électorale, et prévient qu’une telle opération devrait faire l’objet d’une procédure longue et laborieuse.
Cette semaine, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte et le Premier ministre croate, Andrej Plenković, se sont rendus en Bosnie pour encourager Sarajevo sur la voie de l’adhésion à l’UE.
Ils ont prévenu cependant qu’il n’y aurait pas de raccourci sur le chemin de l’UE et que la Bosnie-Herzégovine devait d’abord répondre aux exigences de l’UE en modifiant notamment quatre lois clés, dont la loi électorale.
M. Plenković et M. Rutte ont également prévenu que si les négociations d’adhésion avec Sarajevo ne commençaient pas en mars au plus tard, elles ne commenceraient pas cette année, car l’UE se prépare pour les élections du Parlement européen et la formation d’une nouvelle Commission européenne.
La Bosnie-Herzégovine est devenue candidate à l’adhésion à l’UE à la fin de l’année 2022. Bien que Sarajevo ait espéré ouvrir les négociations d’adhésion avant la fin de 2023, cela ne s’est pas produit.
Les négociations ont également été ouvertes avec l’Ukraine et la Moldavie, tandis que la Bosnie-Herzégovine a été mise en attente jusqu’en mars.