La stratégie française sur la biodiversité déjà critiquée

Les grands objectifs de la stratégie française pour protéger la biodiversité jusqu’en 2020 répondent aux engagements européens. Mais l’absence de mesures concrètes inquiète les écologistes.

EURACTIV.fr
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Les grands objectifs de la stratégie française pour protéger la biodiversité jusqu’en 2020 répondent aux engagements européens. Mais l’absence de mesures concrètes inquiète les écologistes.

Après l’échec de la stratégie de 2004, la France fait de nouvelles propositions pour préserver la biodiversité. La ministre de l’Environnement Nathalie Kosciusko-Morizet a présenté, jeudi 19 mai la stratégie nationale pour la période 2011-2020 (SNB).

Nouvelle démarche, le texte propose d’impliquer désormais les acteurs locaux, publics et privés. Huit appels à projets ont été présentés. 

Outre les financements prévus dans la loi Grenelle2, la stratégie disposera d’un financement de 150 millions d’euros jusqu’en 2013. Une somme beaucoup moins importante que les 4 milliards d’euros d’ici 2020, annoncés par l’ancienne ministre française de l’Environnement Chantal Jouanno. Interrogée sur cet écart, Nathalie Kosciusko-Morizet n’a pas souhaité revenir sur les promesses de celle à qui elle a succédé.

« Acteur numéro un »

Le plan français s’inscrit dans un cadre européen. La Commission européenne a présenté sa propre stratégie le 3 mai dernier. Bruxelles souhaite restaurer 15% des écosystèmes dégradés d’ici 2020.

Conformément aux objectifs approuvés par les dirigeants de la communauté internationale lors de la rencontre de novembre 2010 à Nagoya (Japon), la Commission a insisté sur la nécessité d’intégrer la protection de la diversité naturelle à toutes les politiques (économie, transport, logement), sous l’impulsion de l’autorité centrale de l’État.

En théorie, la France a répondu à cet objectif. L’État sera « l’acteur numéro un », a déclaré la ministre de l’Environnement. « Le sujet ne doit pas se limiter à mon ministère », a-t-elle ajouté. 

Non aux mesures compensatoires

En pratique, les écologistes doutent fort du respect de cette promesse. Pour le chargé de la politique en biodiversité à l’association France nature et environnement (FNE), Grégoire Lejonc, l’engagement français est un leurre. La stratégie n’énonce aucune mesure assumée par d’autres ministères, estime-t-il. « Sur le papier on comprend que la biodiversité va être l’objet d’un travail interministériel, mais aucune mesure concrète ne permet de penser cela ».

Selon le militant, le sujet restera donc géré par le ministère de l’Environnement. Or, la biodiversité doit être incluse dans toutes les nouvelles politiques, celle des transports par exemple, « en amont, et non pas a posteriori, sous forme de mesures compensatoires comme le prévoit la stratégie ».

Même inquiétude de la députée européenne Sandrine Bélier (Verts/ALE), « la préservation de la biodiversité doit être inscrite dans des politiques sectorielles ». Elle s’interroge : « Où sont les engagements de Nagoya? »