La Suède veut équiper la police d’outils numériques pour lutter contre le recrutement des mineurs au sein des gangs

Le gouvernement suédois a dévoilé une nouvelle initiative pour lutter contre le crime organisé, en lançant une « offensive policière numérique ». Le but ? Empêcher le recrutement dans les gangs, en particulier d’enfants, par le biais de plateformes en ligne.

EURACTIV.com
Sweden raises terror threat level
Le ministre suédois de la Justice, Gunnar Strömmer. [EPA-EFE/Henrik Montgomery SWEDEN OUT]

STOCKHOLM — Le gouvernement suédois a dévoilé une nouvelle initiative pour lutter contre le crime organisé, en lançant une « offensive policière numérique ». Le but ? Empêcher le recrutement dans les gangs, en particulier d’enfants, par le biais de plateformes en ligne.

Cette annonce intervient dans un contexte de recrudescence de la violence liée aux gangs, les mineurs étant de plus en plus vulnérables, compte tenu des peines allégées et des conditions de détention policière moins strictes les concernant. La vague de violence, qui s’est étendue aux pays voisins (Danemark, Norvège et Finlande), a culminé en janvier, avec un nombre record d’attentats à la bombe en Suède.

Cependant, le gouvernement suédois se tourne vers les solutions numériques avec une nouvelle approche qui, selon lui, améliorera la capacité des forces de l’ordre à surveiller et à perturber les activités criminelles au sein de l’environnement numérique.

La législation, qui devrait être adoptée par le parlement, donnerait à la police des outils plus efficaces pour lutter contre les contenus illégaux en ligne, en particulier ceux liés au recrutement, selon le ministre suédois de la Justice, Gunnar Strömmer (Parti modéré, Parti populaire européen).

« Nous allons notamment mettre en place des mécanismes améliorés pour permettre à la police d’agir de manière décisive contre les contenus illégaux sur Internet », a-t-il précisé.

Le ministre de l’Éducation, Johan Pehrson, qui dirige également le Parti Les Libéraux (Renew Europe), a déclaré que les autorités avaient besoin de nouveaux outils juridiques pour empêcher les recruteurs de gangs de cibler les mineurs en ligne, et que les outils traditionnels de surveillance policière — tels que les écoutes téléphoniques et la vidéosurveillance — ne suffisaient plus.

« Les réseaux criminels fonctionnent comme un site d’enchères pour la violence, qu’il s’agisse de meurtres ou d’attentats à la bombe. Les jeunes détruisent leur propre vie et celle des autres à un rythme alarmant. »

Réforme juridique

Pour mettre en œuvre ces changements, le gouvernement suédois va commander une nouvelle étude juridique qui examinera comment les forces de l’ordre peuvent mieux utiliser les outils numériques pour suivre et prévenir la criminalité en temps réel.

Il examinera également si les restrictions actuelles en matière de surveillance, y compris l’obligation de cibler des individus identifiés, doivent être modifiées pour suivre l’évolution de la technologie.

Le gouvernement prévoit d’accélérer les réformes juridiques, y compris les modifications des règles de protection des données qui entravent actuellement le partage de renseignements entre les forces de l’ordre.

Une mesure clé à l’étude consiste à donner à la police le pouvoir de fermer les sites web qui facilitent le recrutement de gangs, un pouvoir qui, selon le ministre des Affaires civiles Erik Slottner (chrétiens-démocrates, PPE), fait actuellement défaut.

« Actuellement, la police peut uniquement signaler le contenu aux plateformes médiatiques, mais elle n’a pas le pouvoir de le supprimer elle-même. Nous voulons changer cela », a expliqué Erik Slottner.

Les résultats de l’examen sont attendus en mai et seront suivis d’une proposition législative, qui a de fortes chances d’être adoptée par le parlement.