La tension monte à la frontière entre la Serbie et le Kosovo
Des Serbes masqués ont attaqué et brûlé un poste-frontière à la frontière serbo-kosovare hier (27 juillet). Ils ont également tiré sur des membres des forces de maintien de la paix de l'OTAN, le KFOR. Il y a deux jours, des forces kosovares avaient lancé une opération similaire. L'UE condamne fermement ces deux attaques.
Des Serbes masqués ont attaqué et brûlé un poste-frontière à la frontière serbo-kosovare hier (27 juillet). Ils ont également tiré sur des membres des forces de maintien de la paix de l'OTAN, le KFOR. Il y a deux jours, des forces kosovares avaient lancé une opération similaire. L'UE condamne fermement ces deux attaques.
« Il a été confirmé qu'un incendie volontaire a été allumé à cet endroit [passage de Jarinje]… Il a également été confirmé que des coups de feu ont été tirés contre le personnel du KFOR », a déclaré le KFOR dans un communiqué, cité par Reuters.
Ce communiqué ne précise pas s'il y a eu des blessés lors de l'attaque ou si les troupes du KFOR ont riposté, mais des renforts auraient été envoyés à la frontière.
L'agence BETA a rapporté que le poste-frontière avait été attaqué par des « dizaines de jeunes ». Un cameraman de l'agence TANJUG a été attaqué par « un inconnu » et sévèrement blessé.
Une attaque similaire menée par les forces spéciales kosovares a eu lieu au même endroit il y a deux jours, et un de leurs officiers a été tué. L'UE avait alors déploré cette « action unilatérale ».
Le premier ministre kosovar, Hashim Thaçi, a accusé Belgrade d'avoir commandité ces actes de violence. « Nous ne nous retirerons pas, en aucun cas et à aucun prix », a-t-il déclaré.
Il a affirmé que la Serbie tentait reprendre une partie du Kosovo, au nord, mais que cela « n'arrivera[it] jamais ».
Boris Tadi? appelle les Serbes à la raison
Le président pro-européen de la Serbie, Boris Tadi?, a demandé aux Serbes du Kosovo de ne pas faire preuve de violence. « Les voyous qui ont déclenché les violences ne défendent pas leur peuple ou l'Etat serbe », ont affirmé ses services dans un communiqué.
La haute représentante de l'UE, Catherine Ashton, a fait une déclaration écrite hier, condamnant fermement les récents actes de violences qu'elle a qualifiés d'« inacceptables ». Elle a également déploré les « pertes » qu'ont engendré les récents incidents.
Un témoin oculaire serbe a expliqué mercredi qu'un groupe d'hommes masqués et armés de morceaux de bois, de haches et de pied-de-biche avaient attaqué et brûlé le poste-frontière de Jarinje. Ce poste était constitué de bâtiments à deux étages en préfabriqué et d'un passage couvert pour les voitures.
« Plus tard, un bulldozer est arrivé pour démolir les bâtiments brûlés », a-t-il continué.
Lors d'un autre incident mercredi, un homme armé non identifié a tiré sur un hélicoptère de l'OTAN, a déclaré un porte-parole de l'Alliance, mais aucune victime n'est à déplorer.
Réunion du Conseil de sécurité de l'ONU
La Serbie a envoyé une lettre au Conseil de sécurité de l'ONU pour demander une réunion ouverte d’urgence concernant les tensions au Kosovo, que celui-ci a accepté de tenir.
Cet appel a été soutenu par la Russie, alliée de Belgrade, qui refuse également de reconnaître la déclaration d'indépendance du Kosovo de février 2008 (voir « Contexte »).
Le Conseil a toutefois opté pour un compromis en prévoyant des consultations à huis clos sur le Kosovo ce jeudi plutôt qu'une réunion publique, ont déclaré des diplomates à Reuters sous le couvert de l'anonymat.