La Turquie acceptera la Suède dans l’OTAN si les États-Unis lui vendent des F-16
La Turquie est prête à accepter la candidature de la Suède à l’OTAN si les États-Unis tiennent leur promesse de lui vendre des avions de chasse F-16, a déclaré le président Erdogan mardi, alors qu’il avait auparavant affirmé que la vente de ces avions n’avait rien à voir avec l’adhésion à l’OTAN.
La Turquie est prête à lever son veto sur la candidature de la Suède à l’OTAN si les États-Unis tiennent leur promesse de lui vendre des avions de chasse F-16, a déclaré le président turc Erdogan mardi. Il avait pourtant affirmé que la vente de ces avions n’avait rien à voir avec l’adhésion à l’OTAN du pays scandinave.
La déclaration surprenante de M. Erdogan intervient quelques jours après l’éclatement d’un scandale de corruption impliquant un sénateur américain de haut rang, qui s’est opposé à la vente d’avions de chasse F-16 à la Turquie.
Euractiv avait déjà rapporté début juillet que la modernisation et la vente de la flotte de chasseurs F-16 américains étaient au programme d’Ankara afin de donner le feu vert à l’adhésion de la Suède à l’OTAN.
Bien que le président turc Recep Tayyip Erdogan ait précédemment affirmé que la vente des avions de chasse n’avait rien à voir avec l’adhésion de la Suède à l’OTAN et l’approbation d’Ankara, il semble que ce ne soit pas le cas.
« Si les États-Unis tiennent leurs promesses, notre parlement tiendra les siennes », a déclaré M. Erdogan aux journalistes mardi (26 septembre), à son retour d’une visite en Azerbaïdjan, où il a rencontré le président du pays, Ilham Aliyev.
M. Erdogan a ajouté que le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, et le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, avaient discuté de la candidature de la Suède à l’OTAN lors de la réunion des Nations unies qui s’est tenue la semaine dernière à New York.
Le même jour, le Premier ministre suédois Ulf Kristersson a déclaré à SVT Nyheter qu’il s’attendait toujours à ce que la Suède devienne membre de l’OTAN lorsque le parlement turc se réunirait cet automne. Il pensait également avoir l’occasion de s’entretenir avec Erdogan.
Depuis que la Suède et la Finlande ont posé leur candidature à l’adhésion à l’OTAN l’année dernière, la Turquie s’est opposée fermement aux aspirations de Stockholm à rejoindre l’alliance, utilisant tous les moyens possibles pour ralentir le processus et en tirer profit.
Un scandale aux États-Unis favorable à Ankara
Aux États-Unis, un scandale de corruption présumé à l’encontre du sénateur du New Jersey et président de la commission des affaires étrangères du Sénat, Bob Menendez, a changé la donne dans l’affaire des chasseurs F-16.
CNN a rapporté que M. Menendez et son épouse, Nadine Arslanian Menendez, sont accusés d’avoir accepté des « centaines de milliers de dollars de pots-de-vin » en échange de l’influence du sénateur.
L’affaire a contraint M. Menendez à quitter la présidence de la commission des affaires étrangères, et les pressions exercées par ses collègues du parti démocrate pour qu’il démissionne de son poste de sénateur sont de plus en plus fortes. Pour sa part, M. Menendez refuse de démissionner et clame son innocence.
Le sénateur Menendez a été un farouche opposant à la vente de F-16 à la Turquie et a demandé des garanties de sécurité envers la Grèce, également membre de l’OTAN.
Bien que la situation se soit aujourd’hui désamorcée, la Grèce et la Turquie ont récemment été confrontées à une situation fragile en mer Égée en raison de différends concernant les frontières maritimes.
Athènes accuse Ankara de violations quotidiennes de son espace aérien. Inquiet, le gouvernement grec négocie l’achat de chasseurs F-35 pour faire contrepoids aux avions F-16 de la Turquie.
Le départ de M. Menendez de la commission des affaires étrangères du Sénat a provoqué quelques remous à Athènes, qui a ainsi perdu une voix pro-grecque.
Viktor Orbán : le dernier obstacle
Maintenant que la candidature suédoise à l’OTAN est en bonne voie d’être ratifiée par le parlement turc, il reste un dernier obstacle à franchir : la Hongrie.
Le Premier ministre Viktor Orbán a déclaré aux législateurs que « rien ne menaçait la sécurité de la Suède » et que la Hongrie n’était « pas pressée » de ratifier son adhésion à l’OTAN, lors de l’ouverture de la session d’automne du parlement hongrois.
Il a ajouté que les critiques de la Suède et des hommes politiques suédois concernant l’érosion de l’État de droit avaient contribué à retarder de plus d’un an le vote de la Hongrie en faveur de l’élargissement de l’OTAN.
La déclaration de M. Orbán intervient alors que de hauts fonctionnaires hongrois ont récemment suggéré que la ratification de la Suède pourrait ne même pas figurer à l’ordre du jour de la session parlementaire d’automne.