En Espagne, Yolanda Díaz ne quittera pas le gouvernement malgré l’échec de Sumar aux élections européennes

La vice-Première ministre et ministre du Travail espagnole, Yolanda Díaz a déclaré jeudi qu’elle n’avait «jamais » pensé à quitter le gouvernement de coalition dirigé par le Parti socialiste-ouvrier espagnol (PSOE, S&D) du Premier ministre Pedro Sánchez.

EFE avec EURACTIV.com
First day of campaign for the European elections in Spain
Yolanda Díaz conserve plusieurs compétences au sein de l’organe exécutif de Sumar, ainsi que le contrôle de son groupe parlementaire. [[EPA-EFE/Rodrigo Jimenez]]

La vice-Première ministre et ministre du Travail espagnole, Yolanda Díaz, qui a démissionné cette semaine de son poste de dirigeante du parti de gauche Sumar (La Gauche, GUE/NGL) après les résultats décevants des élections européennes, a déclaré jeudi (13 juin) qu’elle n’avait « jamais » pensé à quitter le gouvernement de coalition. Celui-ci est dirigé par le Parti socialiste-ouvrier espagnol (PSOE, S&D) du Premier ministre Pedro Sánchez.

Sumar, qui regroupe une vingtaine de partis de gauche hétérogènes, n’a obtenu que trois sièges lors des élections européennes, ce qui est bien en dessous des attentes de Yolanda Díaz.

Au parlement national, Sumar dispose de 31 sièges et constitue la quatrième force, derrière le PSOE, le Partido Popular (PP, PPE), la principale force d’opposition, et le parti d’extrême droite Vox.

Les résultats de Sumar aux élections de dimanche sont particulièrement médiocres par rapport à la montée inattendue du nouveau parti « ultra », Se Acabó la Fiesta (SALF, signifiant «La fête est finie »), d’Alvise Pérez, qui a également remporté trois sièges.

Dans une interview diffusée jeudi par la chaîne publique espagnole RTVE, Mme Díaz a déclaré que malgré le mauvais résultat de dimanche et sa décision de quitter la tête de Sumar, elle n’a « jamais » pensé à quitter le gouvernement, au sein duquel elle continuerait à contribuer à la stabilité du pays, a rapporté EFE, partenaire d’Euractiv.

« Je ne pars pas, je reste », a-t-elle souligné.

Yolanda Díaz conserve plusieurs compétences au sein de l’organe exécutif de Sumar, ainsi que le contrôle de son groupe parlementaire.

L’une de ses principales tâches au sein du gouvernement, outre la promotion des politiques sociales, sera de « veiller plus que jamais » à la coalition progressiste, a-t-elle affirmé.

Selon elle, Sumar est « l’âme progressiste » de l’exécutif, qui doit continuer à gouverner « plus et mieux » pour accroître la protection sociale des travailleurs du pays.

Des voix discordantes chez l’extrême gauche espagnole

Pendant ce temps, les 80 membres du groupe de coordination de Sumar se sont réunis à Madrid jeudi, pour nommer une équipe de direction temporaire et ouvrir une « période de réflexion » interne afin d’analyser les causes de l’échec du parti aux élections de dimanche et de préparer l’élection d’un nouveau chef de parti.

La crise au sein de Sumar est particulièrement tangible chez deux de ses membres, à savoir Izquierda Unida (communistes) et la formation régionale de la capitale espagnole Más Madrid, qui ont à plusieurs reprises fait part de leur profond désaccord avec la direction du parti.

Cependant, les dissensions politiques — et personnelles — au sein de Sumar étaient tangibles dès la fondation officielle du parti en juin 2023.

La confrontation entre Yolanda Díaz et Ione Belarra, secrétaire générale du parti de gauche radicale Podemos, qui a accusé Yolanda Díaz, après les élections anticipées de juillet 2023, d’ignorer et de marginaliser Podemos, qui dispose de quatre sièges au parlement national, a été particulièrement rude.

Podemos (qui a remporté deux sièges aux élections européennes) a décidé de quitter Sumar en décembre de l’année dernière en raison de divergences majeures.