L’Albanie va renouveler sa coopération avec Frontex
L’Albanie renouvellera sa coopération avec l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex), y compris en ce qui concerne l’organisation d’opérations conjointes et le déploiement de gardes dans le pays, suite à la décision du Conseil européen de signer un accord.
L’Albanie renouvellera sa coopération avec l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex), y compris en ce qui concerne l’organisation d’opérations conjointes et le déploiement de gardes dans le pays, suite à la décision du Conseil européen de signer un accord.
Le Conseil a noté que l’accord permettra à Frontex d’aider l’Albanie à gérer les flux migratoires, à lutter contre l’immigration clandestine et à s’attaquer à la criminalité transfrontalière.
« La criminalité transfrontalière et la gestion de l’immigration sont des défis importants tant pour les pays de l’UE que pour nos voisins les plus proches », a déclaré le ministre espagnol de l’Intérieur par intérim, Fernando Grande-Marlaska, à propos de l’accord.
Le premier accord entre l’Albanie et Frontex a été signé en 2019 et renouvelé en 2021. Avec cet accord, pour la première fois Frontex déployait des gardes dans un État qui ne faisait pas partie de l’UE.
L’Albanie a dans la foulée adopté une loi accordant aux agents de Frontex une immunité pénale totale sur son territoire.
Mais le déploiement de Frontex en Albanie a suscité la controverse. En 2021, l’agence a été accusée d’expulser illégalement des réfugiés et des migrants en les repoussant vers la Grèce. Deux enquêtes journalistiques ont fait part de pratiques illégales.
Ces informations s’ajoutent aux déboires continuels de l’agence notamment accusée de renvoyer des personnes en Libye, de perpétrer des violations des droits de l’Homme à la frontière entre la Grèce et la Turquie, d’empêcher des personnes d’exercer leur droit de demander l’asile et de dissimuler de nombreux actes répréhensibles.
Elle a également fait l’objet de critiques suite à la publication d’un rapport de l’Office européen de lutte antifraude (OLAF), qui a révélé la mauvaise conduite de plusieurs employés en Grèce en 2020.
En 2022, Human Rights Watch déclarait que Frontex avait utilisé un drone depuis Malte pour donner des informations aux garde-côtes libyens sur les bateaux qui tentaient de passer de la Libye à l’Europe.
Un rapport en partenariat avec Border Forensics conclut que l’approche de Frontex est conçue « non pas pour secourir les personnes en détresse, mais pour les empêcher d’atteindre le territoire de l’UE ».
Une fois que le Parlement européen aura approuvé l’accord avec l’Albanie, celui-ci pourra être finalisé par le Conseil. L’accord entrera en vigueur le premier jour du deuxième mois suivant la date à laquelle l’Albanie et l’UE se seront mutuellement notifiés l’achèvement de leurs procédures de ratification.