L'Allemagne et cinq autres pays de l'UE s'engagent à faire preuve de solidarité face au risque de pannes d'électricité
L’Allemagne, l’Autriche, la République tchèque, la Hongrie, la Pologne et la Slovaquie ont signé un protocole d’accord sur la préparation aux risques et la solidarité dans le secteur de l’électricité, le risque de pannes d’électricité étant de plus en plus réel.
L’Allemagne, l’Autriche, la République tchèque, la Hongrie, la Pologne et la Slovaquie ont signé un protocole d’accord sur la préparation aux risques et la solidarité dans le secteur de l’électricité, alors que le risque de pannes d’électricité est de plus en plus réel compte tenu de la diminution des approvisionnements énergétiques en provenance de Russie.
Les six pays ont signé le protocole d’accord avant la réunion des ministres de l’Énergie qui s’est tenue à Luxembourg lundi (27 juin), conformément au règlement de l’UE sur la préparation aux risques de 2019.
« Je viens de signer un protocole d’accord avec nos collègues européens, d’Europe de l’Est, selon lequel nous souhaitons nous entraider en matière de sécurité énergétique », a expliqué Robert Habeck, vice-chancelier et ministre de l’Économie et du Climat de l’Allemagne.
L’accord, consulté par EURACTIV, indique que les signataires « souhaitent confirmer leur intention de maintenir et de renforcer leur coopération en matière de préparation aux risques dans le secteur de l’électricité ».
À l’approche de l’hiver prochain, alors que l’approvisionnement énergétique en provenance de Russie est menacé, les six gouvernements coordonnent à l’avance leur approche pour faire face au pire scénario envisageable.
Tout au long de la journée, M. Habeck a tenté d’obtenir des accords supplémentaires avec ses collègues ministres de l’Énergie.
« Ce matin et pendant la pause déjeuner, nous nous sommes entendus sur des accords préliminaires ou des points clés dans le domaine de l’électricité et du gaz avec les pays voisins d’Europe de l’Est et maintenant d’Europe du Sud-Est », a-t-il déclaré aux journalistes après le déjeuner.
Garder la situation à l’esprit
Afin de faciliter et de garder le contact, les pays visent à « réunir les représentants concernés des ministères et les experts dans le domaine de l’électricité » pour se préparer à une situation où l’électricité serait si rare qu’elle « pourrait ne pas être résolue par des mesures basées sur le marché. »
Ces accords donneront lieu à la création d’un autre groupe de travail, au sein duquel les pays sont censés « envoyer régulièrement leurs experts à des réunions de travail (en ligne ou hors ligne) afin de discuter de la situation de la sécurité de l’approvisionnement aux niveaux national et régional ».
Selon l’accord, même les coordonnées du personnel concerné devraient être échangées. Ainsi, l’autorité slovaque compétente recevrait, par exemple, le numéro de téléphone de Klaus Müller, directeur de l’agence fédérale allemande des réseaux.
Enfin, en cas de crise imminente, ou lorsqu’ils sont confrontés à une crise, les ministères compétents des pays concernés ont l’intention de s’informer mutuellement de la situation, des mesures prises et prévues au niveau national, ainsi que des éventuelles mesures régionales identifiées.
Régime de crise
Les mesures évoquées en cas de crise de l’électricité sont les suivantes : utilisation transfrontalière des capacités de réserve et des charges flexibles, surveillance de la sécurité de l’approvisionnement en électricité à court terme, échange d’informations sur les incitations à faire des économies auprès du public, soutien en matière d’équipements électriques, connaissances et expertise, utilisation de générateurs mobiles et échange d’informations sur les plans de déconnexion de la demande.
Si les pays ont convenu d’aller « au-delà des règles et mesures existantes pour l’assistance entre GRT [gestionnaires de réseau de transport] », la question de la rémunération se pose immédiatement.
Les pays s’efforceront de « parvenir à un accord financier sur des règles de compensation équitable et adéquate entre les pays ».
Cet accord couvrirait au moins le coût de l’assistance et de l’électricité fournie, ainsi que « d’autres coûts raisonnables » tels que les frais juridiques et de règlement.
L’Allemagne a déjà renforcé son parc de réserve de centrales à charbon afin de se préparer au pire, tandis que l’Autriche a fait marche arrière sur sa décision d’abandonner l’énergie au charbon en 2020.