L’Allemagne ne veut pas d’une nouvelle dette commune

Ce sont les fonds NextGenerationEU restants qui devraient être utilisés pour lutter contre la crise énergétique, non pas une nouvelle dette commune de l’UE, ont déclaré de hauts responsables du gouvernement allemand avant un sommet des dirigeants à Bruxelles.

Euractiv.com
Alliance for Transformation meeting at the Chancellery in Berlin
Le chancelier allemand Olaf Scholz après une réunion à Berlin, 18 octobre 2022. [EPA-EFE/CLEMENS BILAN]

Ce sont les fonds NextGenerationEU restants qui devraient être utilisés pour lutter contre la crise énergétique, et non pas une nouvelle dette commune de l’UE, ont déclaré de hauts responsables du gouvernement allemand avant un sommet des dirigeants à Bruxelles.

Les dirigeants européens se réunissent ce jeudi (20 octobre) pour discuter de la crise énergétique actuelle. Le plan allemand d’aide aux ménages et à l’industrie, d’un montant de 200 milliards d’euros, a suscité des inquiétudes et des appels au lancement d’une dette commune au cours des dernières semaines.

Berlin, pour sa part, n’envisage pas de recourir à un nouvel emprunt commun étant donné qu’une grande partie du fonds de 750 milliards d’euros destiné à compenser les effets de la crise de la Covid-19 est encore disponible, ont expliqué des hauts fonctionnaires mercredi.

« Si tant de milliards sont encore disponibles, alors la question est sans intérêt », a confié un fonctionnaire aux journalistes.

Les responsables allemands rejettent les accusations, comme celles formulées par le Premier ministre italien sortant Mario Draghi, selon lesquelles le plan de soutien allemand de 200 milliards d’euros fausse le marché intérieur de l’Union européenne.

Interrogée sur le plan allemand, une source gouvernementale française indiquait que « le rôle de la Commission, c’est de veiller sur les distorsions de marché ».

Les milliards seraient répartis « sur trois ans », ce qui placerait l’Allemagne « dans le tiers supérieur » des aides publiques accordées par les États en fonction de leur produit intérieur brut (PIB). L’Allemagne n’est « pas une exception », ont insisté les fonctionnaires.

Au contraire, l’Allemagne fait pression pour l’utilisation des fonds NextGenerationEU. « Avec NextGenerationEU, nous avons créé un instrument qui a beaucoup de flexibilité », a indiqué l’un des fonctionnaires.

Le financement étant lié au « financement du Pacte vert pour l’Europe » (Green Deal), il est « taillé sur mesure » pour faire face à la crise énergétique actuelle.

En outre, la création d’un nouvel instrument prendrait trop de temps, compte tenu de l’urgence de la crise que nous traversons aujourd’hui.

« Les négociations prendront des mois », a ajouté le haut fonctionnaire, et la ratification dans les 27 États membres de l’Union européenne prendra encore plus de temps. Dans le pire des cas, le nouveau fonds commun de la dette serait disponible en 2024.

[Contributions et édition par Davide Basso]