L'Allemand Andrés Ritter deviendra procureur général de l'UE en 2026
Il s'était déjà imposé comme le principal candidat lors d'un processus de sélection hautement confidentiel.
L’année prochaine, l’Allemand Andrés Ritter, actuellement procureur adjoint de l’UE, remplacera la Roumaine Laura Codruța Kövesi à la tête du Parquet européen (OEPP).
Le poste de chef de l’OEPP, basé à Luxembourg, est l’un des emplois juridiques les plus exigeants de l’Union européenne, car il implique la coordination d’une équipe d’enquêteurs criminels transfrontaliers ciblant les personnes accusées d’utiliser frauduleusement les fonds de l’UE, qu’il s’agisse de hauts fonctionnaires ou d’organisations criminelles.
Un changement à la tête de l’OEPP est prévu en octobre 2026. Ce mouvement intervient alors que Bruxelles envisage de remodeler son architecture anti-fraude, ce qui pourrait donner à l’OEPP des pouvoirs élargis pour enquêter et sauvegarder le prochain budget à long terme de l’UE.
Les eurodéputés ont soutenu la candidature d’Andrés Ritter par 22 voix en commission du budget et 46 en commission de la justice et des affaires intérieures. Les pays de l’UE ont également plébiscité sa candidature, selon trois diplomates.
Andrés Ritter était déjà en tête de la liste des candidats, comme l’a d’abord rapporté Euractiv, au cours d’un processus très secret.
En tant que procureur doté de plus de 25 ans d’expérience dans son pays, il s’est spécialisé dans la criminalité en col blanc et la fraude aux subventions de l’UE, et a su valoriser son parcours lorsqu’il s’est présenté pour le poste il y a six ans.
Sa future charge de travail comprendra des dossiers très médiatisés sur l’achat des vaccins Covid, approuvés par la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, une nouvelle enquête sur le service diplomatique de l’UE et le Collège d’Europe, ainsi que de nombreuses affaires concernant des allégations d’utilisation abusive de fonds européens par des députés européens ou des partis politiques comme l’extrême droite française.
« M. Ritter assurera la continuité du travail de l’OEPP avec une très forte expertise et de solides garanties d’indépendance », a déclaré Saskia Bricmont, qui fait partie du groupe de législateurs européens chargés des droits des personnes, de la sécurité et de la justice, et qui est coordinatrice pour les Verts.