L’Autriche réitère sa menace de veto à l’élargissement de l’espace Schengen

L’Autriche utilisera son veto pour s’opposer à l’admission de la Roumanie et de la Bulgarie dans l’espace de libre circulation de l’UE, Schengen, a réaffirmé mardi la ministre des Affaires européennes, Karoline Edtstadler.

EURACTIV Allemagne
General Affairs Council in Brussels
La ministre autrichienne des Affaires européennes Karoline Edtstadler lors d'un micro tendu, à Bruxelles en septembre 2022. [EPA-EFE/STEPHANIE LECOCQ]

L’Autriche utilisera son veto pour s’opposer à l’admission de la Roumanie et de la Bulgarie dans l’espace de libre circulation de l’UE, Schengen, a réaffirmé mardi la ministre des Affaires européennes, Karoline Edtstadler.

Jeudi (8 décembre), les ministres de l’Intérieur de l’UE doivent se prononcer sur l’adhésion à l’espace Schengen de la Bulgarie, de la Roumanie et de la Croatie, trois pays qui, selon la Commission européenne, sont prêts à entrer dans la zone.

« Nous ne pouvons pas voter en faveur de l’élargissement de l’espace Schengen parce que cela implique également la question de la sécurité des citoyens européens », a déclaré Mme Edtstadler mardi, à l’issue d’une réunion avec son homologue suédois.

L’espace Schengen « ne fonctionne pas », a-t-elle ajouté, soulignant que 75 % des demandeurs d’asile non enregistrés arrivent en Autriche, ce qui n’est pas conforme à la législation européenne.

Dans la perspective du vote de jeudi, la Croatie devrait être acceptée au sein de la zone sans visa, mais les choses pourraient être plus compliquées pour la Bulgarie et la Roumanie.

L’opposition à l’adhésion de la Bulgarie est actuellement menée par l’Autriche et les Pays-Bas, tandis que la Roumanie n’est plus confrontée qu’à l’Autriche, puisque la Suède et les Pays-Bas ont récemment abandonné leur opposition. Le ministre de l’Intérieur autrichien, Gerhard Karner, a souligné mardi l’opposition de Vienne à la Bulgarie et à la Roumanie.

Pour la suite, le gouvernement conservateur autrichien compte sur Stockholm.

La Suède, dont le gouvernement minoritaire s’appuie sur le soutien de l’extrême droite, est le prochain pays à occuper la présidence tournante de l’UE, dès janvier 2023. Les Suédois « arrivent au bon moment » pour aborder le sujet, a souligné M. Edstadler.

Le pays nordique, qui était autrefois un enfant modèle en matière d’immigration, y est de plus en plus hostile. La Suède a « beaucoup d’expérience concernant les grands nombres de migrants », a souligné Mme Edtstadler, ajoutant qu’elle était certaine que les Suédois pourraient maintenir le sujet à l’ordre du jour.