Le blanchiment d'argent, activité facile au Monténégro selon un eurodéputé
Le fait que le Monténégro utilise l'euro bien qu'il ne fasse pas partie de la zone monétaire unique signifie que les billets de banque sont emmagasinés depuis l'étranger, ce qui rend le blanchiment d'argent très facile pour les criminels organisés basés dans ce pays, a affirmé l'eurodéputé britannique conservateur Charles Tannock à EURACTIV dans un entretien.
Le fait que le Monténégro utilise l'euro bien qu'il ne fasse pas partie de la zone monétaire unique signifie que les billets de banque sont emmagasinés depuis l'étranger, ce qui rend le blanchiment d'argent très facile pour les criminels organisés basés dans ce pays, a affirmé l'eurodéputé britannique conservateur Charles Tannock à EURACTIV dans un entretien.
M. Tannock, membre du groupe des Conservateurs et Réformistes européens (ECR) et rapporteur de la commission affaires étrangères du Parlement européen sur le Monténégro, a expliqué que comme le Monténégro n'avait pas ses propres billets de banque enregistrés, les groupes criminels pouvaient acheter de grandes sommes de monnaie à blanchir avec de la monnaie venue d'ailleurs.
Le Monténégro n'a pas sa propre devise. En 1996, le gouvernement monténégrin a coupé les ponts avec le gouvernement serbe, et a développé sa propre politique économique, adoptant le Deutschemark comme devise.
En 2002, lorsque l'euro a été entièrement introduit et a remplacé le Deutschemark en Allemagne, le Monténégro est également passé à l'euro. Contrairement aux pays de la zone euro, le Monténégro n'a pas de billets en circulation qui portent le nom du pays.
D'après M. Tannock, le Monténégro est un endroit qui se prête très bien à la criminalité organisée, pour acheter de grandes sommes d'euros non enregistrés via le système bancaire et les blanchir pour des billets venant d'une autre juridiction, car les banques ne gardent pas la trace de la provenance des billets.
Ils semblent mystérieusement venir d'Allemagne, mais personne ne sait vraiment comment cela marche, a-t-il affirmé.
M. Tannock craint qu'un grand nombre de billets de 500 euros en circulation au Monténégro ne soient utilisés par les criminels organisés pour blanchir l'argent et réaliser d'autres activités, ajoutant qu'il s'agit d'un problème commun aux Balkans occidentaux.
Concernant la corruption et la faible gouvernance, l'eurodéputé a dit qu'il y avait eu des comportements louches admis, faisant référence à une opération de trafic de cigarettes que le gouvernement a prétendu avoir été obligé de faire afin de financer son déficit budgétaire dans un premier temps.
En mai 2010, un tribunal a acquitté Miroslav Ivaniševi? – un ancien fonctionnaire du premier ministre Milo ?ukanovi? – qui était accusé de trafic, statuant qu'il avait agit dans le cadre des lois monténégrines. M. ?ukanovi? était également mis en examen dans l'affaire, mais a bénéficié de l'immunité.
Ouverture des négociations d'adhésion en 2011?
Malgré certains problèmes, M. Tannock reste confiant et pense que le Monténégro pourra ouvrir ses négociations d'adhésion à l'UE l'an prochain et recommandera cela au Parlement et au Conseil – dans la mesure où la Commission européenne est satisfaite des réponses du pays à son questionnaire d'adhésion.
S'ils donnent le feu vert, dans on rapport – que je pense publier juste après – je soutiendrai fermement qu'ils devraient également pouvoir ouvrir leurs négociations, qui selon toute probabilité devraient pouvoir commencer en 2011, a-t-il déclaré.
M. Tannock a dit que le Monténégro avait surpris un grand nombre de personnes, et avait réalisé d'excellents progrès en vue des discussions d'adhésion à l'UE. Son économie s'en est plutôt bien sortie avec la crise mondiale du crédit mais a besoin d'être diversifiée, a-t-il prévenu.
Bien qu'il pense qu'il serait risqué de donner une date pour l'entrée du Monténégro dans l'UE, l'eurodéputé espère que le pays rejoindra le bloc dans les cinq années qui viennent.