Le centre droit espagnol et le PPE entendent faire pression sur Teresa Ribera lors de son audition face au Parlement
Le Parti populaire espagnol (Partido Popular, PP), parti de droite espagnol, s’est allié au Parti populaire européen (PPE) pour entraver le plus possible l’audition de la future commissaire espagnole Teresa Ribera devant le Parlement européen ce mardi 12 novembre.
Le Parti populaire espagnol (Partido Popular, PP), parti de droite espagnol, s’est entendu avec Parti populaire européen (PPE) pour lancer l’offensive contre la commissaire désignée Teresa Ribera, dont l’audition devant la Parlement européen se déroule aujourd’hui mardi 12 novembre.
Plusieurs médias espagnols ont rapporté lundi 11 novembre que le leader du Partido Popular, Alberto Núñez Feijóo, s’était mis d’accord avec le leader du PPE, Manfred Weber, sur les questions que le groupe posera à la commissaire désignée espagnole, Teresa Ribera, sur sa gestion des inondations catastrophiques à Valence, Castilla-La Manche et Malaga.
Teresa Ribera (Parti socialiste et ouvrier espagnol, PSOE/S&D), actuelle ministre espagnole de la Transition écologique, a été choisie par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, pour devenir la future commissaire à la Concurrence et la vice-présidente de la Commission pour une Transition propre, Juste et Compétitive.
Cependant, le Partido Popular — principale force d’opposition au gouvernement de gauche espagnol — estime que la gestion des premiers jours de la tragédie par la candidate a été inadéquate, ce qui, selon le parti de centre droit, la rend inapte à occuper le poste de commissaire.
Les inondations de Valence ont fait à ce jour 222 morts et des centaines de disparus.
« La disparition de Teresa Ribera dans cette crise [des inondations] a sans aucun doute attiré notre attention », ont confié des sources du PPE à El Mundo.
La semaine dernière, le secrétaire général adjoint du Partido Popular et vice-président du Parlement européen, Esteban González Pons, a déclaré que la commissaire désignée espagnole « ne mérite pas de représenter l’Espagne à Bruxelles » en raison de son « absence » dans les moments les plus graves de la gestion de la crise.
Le président de la région de Valence, Carlos Mazón (PP), fortement mis en cause pour sa gestion de la tragédie, a divulgué la semaine dernière un SMS de Teresa Ribera qui montre que celle-ci l’a contacté très tard le premier jour de la crise, le 29 octobre, selon EFE.
Carlos Mazón s’est défendu après que la ministre de la Transition écologique et commissaire désignée a accordé aux médias une interview dans laquelle elle expliquait qu’elle avait dû appeler le chef du gouvernement de Valence jusqu’à quatre fois pour le joindre ce jour-là.
L’audition de Teresa Ribera face aux eurodéputés débutera mardi12 novembre à 18 h 30, et durera environ trois heures.
Des députés des commissions des Affaires économiques (ECON), de l’Environnement, de la Santé publique et de la Sécurité alimentaire (ENVI) ansi que de l’Industrie, de la Recherche et de l’Energie (ITRE) mèneront l’audition. Une question sera également posée par chacune des cinq commissions invitées : Marché intérieur, Emploi, Transports, Développement régional et Agriculture.
Après l’audition, les coordinateurs de chaque groupe politique des trois grandes commissions se réuniront à huis clos vers 23 h 15 pour évaluer les réponses de la commissaire désignée. Pour confirmer son poste au sein du Collège des commissaires, Teresa Ribera devra obtenir le feu vert des deux tiers d’entre eux.
La composition du nouveau Parlement européen implique que l’approbation du PPE est nécessaire pour que la candidate soit confirmée dans ses fonctions : sans elle, il serait impossible d’atteindre la majorité des deux tiers ou même la majorité simple, qui serait finalement requise.
Outre les questions relatives à la tragédie de Valence, les chances de Teresa Ribera de réussir son premier test dépendront du déroulement des autres auditions prévues ce mardi, dont celle de l’Italien Raffaele Fitto (Fratelli d’Italia/CRE), dont la potentielle position au sein de la prochaine Commission a rassemblé les socialistes, les libéraux et les verts.