Le gouvernement devrait mieux gérer ses dépenses, selon le conseil fiscal autrichien

Le gouvernement devrait réduire les dépenses pour lutter contre les défis actuels, même si les dépenses de l’État liées à la pandémie de la Covid-19 continuent de se faire sentir à cause de leurs coûts importants, recommande le conseil consultatif fiscal.

EURACTIV Allemagne
Les villes et régions craignent un « effet ciseaux » dû à la crise : plus de dépenses, moins de revenus. (1)
Le déficit budgétaire de l’Autriche prévu pour 2022 est censé se situer à 2 % du PIB (contre 3,2 % auparavant), malgré les perspectives économiques défavorables. [Marian Weyo/shutterstock]

Le gouvernement autrichien devrait réduire les dépenses pour lutter contre les défis actuels, même si les dépenses de l’État liées à la pandémie de la Covid-19 continuent de se faire sentir en raison de leurs coûts importants, recommande le conseil consultatif fiscal.

Le conseil consultatif fiscal a été fondé en 2013 et fonctionne comme un organe de surveillance indépendant, conformément aux règles européennes. Dans ses prévisions annuelles, il met en garde contre les dépenses publiques continues et élevées, bien que le déficit budgétaire et la dette publique soient censés diminuer.

« Pour retrouver une marge de manœuvre en matière budgétaire, il est essentiel de réduire la politique budgétaire expansionniste en fonction du cycle économique, ainsi que de réduire les paiements de soutien temporaire comme prévu », a expliqué le président du conseil fiscal, Christoph Badelt.

Par conséquent, Vienne doit réduire les aides généreuses accordées à l’industrie ainsi que les achats coûteux de gaz, nécessaires en raison de la dépendance excessive du pays vis-à-vis de la Russie.

Le déficit budgétaire prévu pour 2022 est censé se situer à 2 % du PIB (contre 3,2 % auparavant), malgré les perspectives économiques défavorables. Ce résultat a été attribué à une croissance robuste du marché du travail, à une reprise de la consommation après la pandémie, à la levée des restrictions et à la taxe sur les surprofits des entreprises énergétiques. En 2020, le déficit s’est établi à 8 % du PIB.

Les mesures contre l’inflation ont coûté 24,1 milliards d’euros, soit le niveau supérieur à celui de l’intervention budgétaire de l’État en 2021. Les conseillers demandent de stabiliser les finances publiques à long terme et de financer les interventions de crise.

Vienne remplira néanmoins les critères de Maastricht (les règles budgétaires de l’UE) en 2023. Cela est dû en grande partie à l’inflation qui gonfle la croissance nominale du PIB.

Par ailleurs, le conseil fiscal a recommandé au gouvernement d’accroître les investissements dans les secteurs économiques d’avenir, en particulier l’environnement et le numérique, ainsi que de stimuler l’éducation et la formation professionnelle. De même, ils ont souligné que les réformes structurelles, par exemple le problème de la gestion des finances et des tâches confiées aux autorités locales, « devraient être accélérées. »