Le gouvernement espagnol menacé par un conflit avec les séparatistes catalans sur la question de l'autonomie fiscale
Alors que le gouvernement espagnol doit se pencher sur le budget 2025, la coalition au pouvoir est fragilisée par les récentes sorties de la Gauche républicaine (ERC), le parti indépendantiste catalan, qui menace de retirer son soutien à l'exécutif si un système de financement spécial n'est pas mis en place pour la Catalogne.
Alors que le gouvernement espagnol doit se pencher sur le budget 2025, la coalition au pouvoir est fragilisée par les récentes sorties de la Gauche républicaine (ERC), le parti indépendantiste catalan, qui menace de retirer son soutien à l’exécutif si un système de financement spécial n’est pas mis en place pour la Catalogne.
L’avertissement de la Gauche républicaine fait suite au rejet par la ministre des Finances, María Jesús Montero, de créer une agence fiscale catalane dotée de pleins pouvoirs, comme cela existe au Pays basque et en Navarre. Cet accord était essentiel à l’investiture de Salvador Illa (Parti socialiste catalan) en tant que prochain président catalan, a rapporté le partenaire d’Euractiv, EFE.
Ces remarques ont suscité la colère des forces séparatistes de gauche, dont les sept députés au Parlement sont indispensables au maintien de la majorité gouvernementale.
« Il ne s’agit ni d’un accord économique ni d’une réforme standard du système de financement. Quiconque dit le contraire ment », a déclaré María Jesús Montero mercredi 21 août. Parallèlement, elle a admis que le pacte prévoyait un système de financement spécial pour la Catalogne, bien qu’elle n’ait pas expliqué ce que signifiait le terme « financement spécial ».
« Si le PSOE ne tient pas sa parole, ERC ne soutiendra aucune initiative du PSOE », a réagi Raquel Sans, le porte-parole de la formation indépendantiste, dans un message vidéo publié par le Diari de Tarragona.
« Soit il devra chercher des majorités alternatives, soit Pedro Sánchez devra convoquer des élections », a annoncé la porte-parole, ajoutant que « María Jesús Montero est parfaitement au courant » des accords signés.
« Si elle ne veut pas l’appeler accord économique, elle peut l’appeler financement spécial. Mais il s’agit d’un accord qu’elle doit respecter », a-t-elle poursuivi.
Les menaces de l’ERC interviennent deux mois avant que le gouvernement ne présente son projet de budget 2025. Ces nouvelles tensions politiques s’ajoutent à l’incertitude au sujet de l’ancien président catalan Carles Puigdemont, chef du parti séparatiste de droite JxCat, et de ses assistants. Bénéficieront-ils de la loi d’amnistie entrée en vigueur en juin dernier ? Difficile à dire.
Le PP s’en prend à la future « indépendance fiscale » de la Catalogne
Entre-temps, le Partido Popular (PP), le parti libéral conservateur de droite et la principale force d’opposition du pays, a attaqué le gouvernement de Pedro Sánchez jeudi 22 août, affirmant qu’il pourrait ouvrir une dangereuse boîte de Pandore en introduisant une « injustice fiscale » en Espagne.
Juan Bravo, secrétaire adjoint à l’économie du PP, a averti que l’« indépendance fiscale » de la Catalogne pourrait signifier une perte financière estimée entre 6 et 13 milliards d’euros pour les seize autres communautés autonomes du pays.
« Les citoyens doivent se rendre compte que nous vivons un scénario dans lequel des services vont disparaître, et qu’ils vont payer avec leurs impôts le prix dont (Pedro) Sánchez a besoin pour être Premier ministre », a fustigé Juan Bravo au mircro de la radio privée Onda Cero.