Le gouvernement espagnol s'entend avec Carles Puigdemont sur une « répartition solidaire » des mineurs non accompagnés

Le gouvernement de coalition du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez (PSOE/S&D) et la plateforme de gauche Sumar ont approuvé mardi une réforme de la loi sur les étrangers.

EURACTIV Espagne
The Salvamar Mizar Rescues A Boat Of 56 Sub-saharan Immigrants In Fuerteventura
Un agent de santé porte une fille qui débarque avec d'autres migrants après le sauvetage du navire Salvamar Mizar d'un bateau de 56 migrants subsahariens, dont deux bébés et peut-être une femme enceinte, à Puerto del Rosario, le 17 juin 2021 à Fuerteventura, Îles Canaries. [Europa Press via Getty Images]

MADRID – Le gouvernement de coalition du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez (PSOE/S&D) et la plateforme de gauche Sumar ont approuvé mardi une réforme de la loi sur les étrangers. Grâce à un accord avec le parti séparatiste catalan JxCat, cette nouvelle législation permettra la répartition de près de 6 000 mineurs non accompagnés dans les 17 régions d’Espagne.

« Aujourd’hui, nous récoltons les fruits d’une année de travail acharné. Nous parlons d’enfants et d’adolescents. Nous demandons au Partido Popular (PP) de faire preuve de responsabilité et de la même solidarité que pour les enfants en Ukraine. La seule chose qui les différencie, c’est la couleur de leur peau. Il suffit de les regarder dans les yeux », a déclaré le ministre de la Politique territoriale et président de la commission parlementaire sur l’immigration, Ángel Víctor Torres (PSOE).

Le soutien apporté par JxCat, le parti de l’ancien président catalan Carles Puigdemont, en exil volontaire à Waterloo, près de Bruxelles, a été décisif pour que la réforme de la loi soit adoptée. En juillet, le parti de Carles Puigdemont avait rejeté la mesure, a rapporté RTVE.

L’objectif de l’exécutif espagnol est d’alléger la pression migratoire qui pèse sur les îles Canaries, qui subissent des vagues constantes d’arrivées de migrants qui effectuent la dangereuse traversée en mer sur des embarcations précaires depuis les pays d’Afrique de l’Ouest.

Elle vise également à alléger la pression migratoire sur Ceuta et Melilla, les deux enclaves espagnoles en Afrique du Nord.

La répartition des mineurs non accompagnés entre les 17 communautés autonomes d’Espagne sera basée sur la population (nombre d’habitants dans chaque région), le niveau de pression migratoire et les chiffres du chômage local, entre autres critères.

La Catalogne n’accueillera que 20 à 30 mineurs, sur un total de près de 6 000.

La mesure sera mise en œuvre grâce au soutien des sept députés de JxCat au Parlement, par ailleurs essentiels au maintien de Pedro Sánchez au pouvoir.

Le Parti populaire espagnol (Partido Popular/PPE), la principale force d’opposition au gouvernement, et le parti d’extrême droite Vox, la troisième formation la plus importante à Madrid, ont rejeté cette décision.