Le gouvernement espagnol s'indigne du manque de soutien du Parti populaire pour adopter le budget 2025

Si le Parti populaire espagnol de centre droit rejette le projet de budget 2025 que le gouvernement progressiste soumettra au vote du parlement jeudi 26 septembre, le pays pourrait perdre 12 milliards d’euros pour les régions et les conseils locaux.

EFE avec EURACTIV.com
PP party leader Feijoo addresses press conference on PM’s possible resignation
Si le Parti populaire espagnol (PP, Parti populaire européen) de centre droit rejette le projet de budget 2025 que le gouvernement progressiste soumettra au vote du parlement jeudi, le pays pourrait perdre 12 milliards d’euros pour les régions et les conseils locaux, a averti ce lundi 23 septembre le ministre de la Transformation numérique et de la Fonction publique, Óscar López. [ EPA-EFE/FERNANDO VILLAR]

Si le Parti populaire espagnol de centre droit (PP, Parti populaire européen) rejette le projet de budget 2025 que le gouvernement progressiste soumettra au vote du parlement jeudi 26 septembre, le pays pourrait perdre 12 milliards d’euros pour les régions et les conseils locaux. Le ministre de la Transformation numérique et de la Fonction publique Óscar López, a averti de ce risque lundi 23 septembre.

Dans une interview accordée lundi 23 septembre à la chaîne publique espagnole RTVE, Oscar López (Parti socialiste ouvrier espagnol/PSOE, socialistes et démocrates/S&D) a qualifié d’« irresponsable » l’éventuel rejet par le PP du projet de budget pour l’année prochaine.

« Il est extrêmement grave que le Parti populaire, qui d’un côté demande plus de ressources pour les communautés autonomes, soit prêt à couper 12 milliards d’euros en deux ans pour les communautés et les conseils municipaux », s’est indigné Oscar López, l’un des hommes de confiance du Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez.

Malgré le rejet du nouveau budget par le Parti populaire — un outil de base pour la mise en œuvre de la « feuille de route » sociale du gouvernement progressiste du PSOE et de la plateforme de gauche Sumar — le gouvernement continuera à essayer de persuader le parti de droite dirigé par Alberto Núñez Feijóo de changer d’avis, a affirmé Oscar López.

« Le gouvernement a l’obligation de présenter un bon budget pour le pays, et c’est ce que nous faisons, nous dialoguons avec les groupes pour que cela soit possible », a seriné le ministre, ajoutant que si le gouvernement ne parvenait pas à approuver le budget, il serait contraint de prolonger les comptes courants.

L’une des principales craintes de l’exécutif de Pedro Sánchez est que ses principaux alliés au parlement, les deux partis séparatistes catalans Ensemble pour la Catalogne (JxCat) — la formation de droite de l’ancien président catalan Carles Puigdemont — et son rival le parti de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC, Alliance libre européenne), qui disposent chacun de sept députés au parlement national, ne lui retirent leur soutien parlementaire essentiel.

La semaine dernière, Carles Puigdemont a prévenu que son parti rejetterait à nouveau — comme il l’avait fait en juillet dernier — le dernier projet de budget, qui doit être voté en octobre dans sa version finale.

Le parti de Carles Puigdemont a également porté un coup au PSOE de Pedro Sánchez en votant la semaine dernière avec le PP et le parti d’extrême droite VOX, troisième force du parlement, contre une proposition du gouvernement visant à limiter les locations saisonnières.

Le leader du JxCat a assuré le week-end dernier sur X que le vote de son groupe cette semaine « ne sera pas décidé dans le but de stabiliser ou d’épuiser », mais dépendra des négociations proposées.

« Notre vocation politique n’est pas d’apporter de la stabilité ou d’user qui que ce soit. Notre objectif est de défendre la Catalogne et les intérêts des Catalans, et quiconque nous aide aura notre soutien, que ce soit pour gouverner ou pour s’opposer : quiconque fait le contraire, ou quiconque nous trompe (ou fait l’imbécile), ne doit pas compter sur nous », a souligné le dirigeant séparatiste.

Les accords doivent être respectés, avertissent les séparatistes catalans

Les relations entre le PSOE et Carles Puigdemont se sont progressivement détériorées au cours des derniers mois, notamment après l’éphémère visite du leader du JxCat à Barcelone le 8 août, où il a de nouveau échappé à la police catalane grâce à la complicité de plusieurs agents locaux.

Le politicien catalan fait l’objet d’un mandat d’arrêt national pour le délit de détournement de fonds et d’enrichissement illicite présumé dans l’organisation d’un référendum indépendantiste catalan illégal le 1er octobre 2017. Un délit qui n’est pas considéré comme couvert par la loi d’amnistie controversée entrée en vigueur en juin de cette année, et qui permettrait à Carles Puigdemont de rentrer en Espagne en tant qu’homme libre.

Cependant, comme l’ont rapporté la semaine dernière les médias espagnols, il est fort possible que le juge de la Cour suprême chargé de l’enquête, Pablo Llarena, lève bientôt cette mesure.

Bien que l’accord signé entre le PSOE et le séparatiste catalan en novembre 2023 comprenait le soutien de JxCat à l’investiture de Pedro Sánchez et tout au long de son mandat (jusqu’en 2027), la détérioration des relations bilatérales a conduit le parti séparatiste à assurer qu’il ne voterait en faveur des initiatives du gouvernement que si tous les accords étaient respectés.

« Si le PP vote contre [le projet de budget], il est possible que le gouvernement perde le vote. C’est le moins que l’on puisse dire. Ce qui est certain, c’est que Alberto Núñez Feijóo perdra toute opportunité de se présenter à l’Espagne comme un homme politique d’État », a déclaré Esther Peña, porte-parole du PSOE, lors d’une conférence de presse lundi 23 septembre.