Le gouvernement polonais survit à un vote de confiance

Le gouvernement du premier ministre polonais Donald Tusk a fait face mercredi à un vote de confiance au sein de sa coalition. Ce vote fait suite à l'affaire des écoutes illégales qui a suscité des appels à la démission du gouvernement.

EURACTIV.fr
Donald Tusk. Varsovie, 14 mai. [Kancelaria Premiera/Flickr]
Donald Tusk. Varsovie, 14 mai. [Kancelaria Premiera/Flickr]

Le gouvernement du premier ministre polonais Donald Tusk a fait face mercredi à un vote de confiance au sein de sa coalition. Ce vote fait suite à l’affaire des écoutes illégales qui a suscité des appels à la démission du gouvernement.

237 députés ont apporté leur soutien au gouvernement de centre droit alors que 203 se sont prononcés contre, lors d’un vote retransmis en direct par la télévision publique. En demandant ce vote, Donald Tusk a expliqué que sans ce mandat, « le gouvernement ne pourra pas élucider l’affaire des écoutes de manière efficace et sûre, ni veiller aux intérêts de l’État».

L’affaire a éclaté la semaine dernière avec la publication par le magazine Wprost d’extraits de conversations privées entre de hautes personnalités de la vie politique et économique polonaise, dont le gouverneur de la banque centrale, Marek Belka, le ministre de l’Intérieur, Bartlomiej Sienkiewicz, le chef de la diplomatie Radoslaw Sikorski et l’ancien ministre des Finances Jacek Rostowski. Leurs propos peu amènes, enregistrés à leur insu dans des restaurants de Varsovie, ont révélé toute une série d’opinions surprenantes, mettant en doute notamment l’alliance polono-américaine et l’indépendance de la banque centrale, ainsi que des commentaires extrêmement crus sur la politique du premier ministre britannique, David Cameron.

« Aujourd’hui, je suis capable de définir avec précision les intérêts fondamentaux de l’État polonais qui risquent d’être menacés ou affaiblis à la suite de cette affaire », a déclaré Donald Tusk, quelques heures avant le vote. Selon lui, il s’agit de « la capacité du gouvernement d’influer sur la mise en place de la nouvelle construction personnelle et institutionnelle de l’Europe » après les élections européennes.

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La Pologne a proposé la candidature du chef de la diplomatie polonaise Radoslaw Sikorski, éclaboussé dans cette affaire d’écoutes illégales, pour remplacer Catherine Ashton à la tête de la diplomatie européenne. 

Les objectifs énergétiques en toile de fond

Donald Tusk a en outre rappelé que jeudi 26 juin doivent commencer à Bruxelles les discussions sur « les mécanismes de la sécurité énergétique de l’Europe dans le contexte de la crise ukrainienne et du conflit russo-ukrainien ». Le premier ministre polonais est un actif promoteur d’une union énergétique européenne pour réduire la dépendance vis-à-vis des livraisons de gaz russe.

Sur le fond de l’affaire, il y a aussi  « le commerce à grande échelle du charbon en provenance de l’Est », ainsi que la question des gazoducs contournant l’Ukraine, a-t-il également fait remarquer. «Je ne sais pas dans quel alphabet le scénario est écrit, mais je n’ai aucun doute quant à son possible bénéficiaire », a-t-il poursuivi, faisant, semble-t-il, allusion à l’alphabet cyrillique utilisé notamment en russe. « Certaines personnes liées à ce dossier apparaissent dans le contexte de l’affaire des écoutes », a-t-il signalé.

Selon des médias polonais, parmi les personnes interpellées dans cette affaire figure notamment un richissime homme d’affaires polonais du secteur du commerce de charbon, principalement avec la Russie.