Depuis sa conception, le Pacte vert pour l’Europe est confronté à de nombreux obstacles. Lancé en 2019, un an avant que la pandémie de Covid-19 ne frappe le monde et trois avant l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le « Green Deal » a donc risqué à maintes reprises la mise au rebut. Et pourtant, il fêtera bien ces quatre ans cette année.
2023 marquera également les derniers grands efforts politiques de l’UE avant l’échéance des élections européennes en 2024. De nombreux progrès ont déjà été réalisés, mais il reste encore du chemin à parcourir.
La principale réussite pour l’heure est peut-être la décision, prise en 2021, de mettre à jour l’objectif climatique de l’UE. Dorénavant, il s’agira pour les États membres d’atteindre la neutralité carbone en 2050, avec un objectif intermédiaire de -55 % d’émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, par rapport à 1990.
Pour ce faire, l’UE a fait des progrès législatifs considérables. Par exemple, en décembre, elle a convenu de réviser le marché du carbone de l’Union, largement considéré comme étant la pierre angulaire de la politique climatique de l’UE. Elle a également mis en place la première taxe sur le carbone au monde et des règles interdisant la vente de nouveaux véhicules à combustibles fossiles à partir de 2035.
Selon Matthias Buck, qui dirige le pôle Europe du groupe de réflexion allemand sur le climat et l’énergie Agora Energiewende, le caractère primordial de ces décisions ne doit pas être sous-estimé. « Nous parlons d’une révolution », a-t-il confié à EURACTIV.
Les insatisfaits
Tout le monde n’est pas satisfait des progrès réalisés jusqu’à présent. Silvia Pastorelli, membre de Greenpeace, estime ainsi que l’UE n’est toujours pas assez ambitieuse.
D’abord concernant les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre, indexé sur des délais de transition trop longs, comme pour l’interdiction des nouvelles ventes de voitures à essence et diesel d’ici à 2035 par exemple.
En outre, la hausse des prix de l’énergie a forcé le rééquilibrage entre objectifs écologiques et nécessité de compétitivité économique. Selon les insatisfaits économiques, une action climatique plus ambitieuse en Europe nécessite des initiatives qui soutiendraient les exportateurs du bloc face à leurs concurrents étrangers.
D’autres éléments clés du Pacte vert sont toujours sur la table des négociations, comme les objectifs révisés pour stimuler les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique, proposés l’an dernier en réponse à la guerre menée par la Russie en Ukraine.
Toutefois, les États membres n’acceptent des objectifs plus ambitieux qu’en échange d’une certaine flexibilité sur les mesures à prendre pour les atteindre, a mis en garde M. Buck.
En ce sens, lors de l’assemblée de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA) à Abu Dhabi aux Émirats arabes unis, le ministre polonais du Climat, Adam Guibourgé-Czetwertyński, a expliqué à EURACTIV que l’UE manquait encore des technologies nécessaires à l’atteinte de ses objectifs, notamment dans les domaines du chauffage et du transport.