Le Green Brief : la pensée post-croissance fait des émules à Bruxelles

Une étude récente de l’institut Hot or Cool a révélé que l’augmentation de la consommation ne correspond pas nécessairement à une amélioration du bien-être humain.

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Une étude récente de l’institut Hot or Cool a révélé que l’augmentation de la consommation de biens et de services ne correspond pas nécessairement à une amélioration du bien-être.

Ces conclusions renforcent les arguments selon lesquels une fois que les besoins matériels de base des consommateurs satisfaits, l’augmentation du revenu ou des possessions n’est pas gage d’un surplus de bonheur. À noter toutefois que la relation est plus complexe lorsque les chercheurs prennent en compte le revenu relatif des personnes, c’est-à-dire leur niveau de richesse par rapport à leurs pairs.

Quoiqu’il en soit, cette affirmation selon laquelle plus de consommation n’est pas gage de bonheur est l’une des pierres angulaires conceptuelles du mouvement « post-croissance », qui soutient que la croissance économique pousse à dépasser des limites planétaires fixes, comme la double crise du climat et de la biodiversité, sans pour autant nous rendre fondamentalement plus heureux.

Les partisans de ce mouvement prônent un éloignement du consumérisme en faveur d’activités qui enrichissent réellement le bien-être et minimisent l’impact environnemental, comme passer du temps avec ses proches, dans la nature, se consacrer à des passions créatives ou soutenir les malades et les infirmes.

De l’autre côté du spectre, les détracteurs de cette pensée soulignent que la consommation est une activité appréciée par les individus, comme en témoigne leur comportement.

Ils argumentent également que les défis environnementaux peuvent être résolus grâce à cette ressource illimitée qu’est l’ingéniosité humaine. En clair : la société a mis au point des solutions techniques à de grands problèmes tels que les pénuries alimentaires ou la menace d’une guerre nucléaire , alors pourquoi ne pas faire confiance à la technologie pour les problèmes à venir ?

Le « techno-solutionnisme » a ses adeptes, dont certains, comme les centristes européens, reconnaissent toutefois que le PIB ne peut être le seul objectif de la société, sans pour autant l’abandonner.

In fine, les partisans comme les détracteurs du concept de « post-croissance » le réduisent souvent à sa forme la plus pure. Or, dans la pratique, il existe toute une galaxie de comportements sociaux déjà bien ancrés et qui, techniquement, participent d’une croissance économique moindre, sans remettre en question le bien-être.

En ce sens, la croissance économique traditionnellement moindre de l’Europe par rapport aux États-Unis peut s’expliquer, en partie, par la préférence des Européens pour davantage de vacances et un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée.

Qu’on le veuille ou non, il s’agit d’un raisonnement post-croissant, si peu radical soit-il.


Les principales actualités de la semaine

Pour approfondir


Lactualité en bref

Des entreprises chinoises du secteur de l’énergie solaire mises en cause dans leur retrait de la Roumanie. LONGi Solar et Shanghai Electric ont décidé de se retirer de l’appel d’offres pour un projet de parc solaire de 450 MW en Roumanie, après l’ouverture d’une enquête par la Commission européenne.

Cette enquête, fondée sur le nouveau règlement concernant les subventions étrangères, visait à déterminer si ces entreprises avaient bénéficié de subventions indûment avantageuses.

Le commissaire européen au Marché unique, Thierry Breton, a salué leur retrait, qui marque la fin de l’enquête, similaire à un cas précédent où une entreprise ferroviaire chinoise s’était également retirée d’un appel d’offres européen. [Nikolaus J. Kurmayer]

Un nouveau rapport du WWF révèle que les Etats membres détournent chaque année entre 34 et 48 milliards d’euros de subventions européennes vers des activités qui nuisent à la nature. D’après le rapport du Fonds mondial pour la nature (WWF), environ 60 % des fonds de la Politique agricole commune (PAC) de l’Union européenne, soit 32,1 milliards d’euros par an, sont utilisés par les États membres pour soutenir une agriculture à grande échelle non durable.

Ces pratiques agricoles contribuent à la dégradation des habitats naturels, tout en offrant un soutien insuffisant aux agriculteurs pour passer à des méthodes plus durables et résilientes face au changement climatique.

« Alors que les citoyens européens sont confrontés à une grave crise du coût de la vie, exacerbée par des politiques fiscales malavisées, et qu’ils sont sur le point de se rendre aux urnes, ces conclusions devraient être un signal d’alarme. Les gouvernements de l’UE doivent de toute urgence réaligner les dépenses publiques sur les impératifs environnementaux et sociaux », a déclaré Tycho Vandermaesen, directeur de la politique et de la stratégie au bureau de la politique européenne du WWF. [Nathan Canas]


Agenda

  • 30 MAI. Conseil « Énergie ».
  • PRINTEMPS 2024. Première Évaluation européenne des risques climatiques.
  • 6-9 JUIN. Élections européennes.
  • 17 JUIN. Conseil « Environnement » (Luxembourg).
  • 27-28 JUIN. Conseil européen.

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