Le Kosovo franchit une étape vers l’adhésion au Conseil de l’Europe
Le Kosovo a franchi lundi (24 avril) une étape vers son adhésion au Conseil de l’Europe, vigie des droits humains sur le continent, une perspective combattue par la Serbie qui s’oppose à la reconnaissance internationale de son ancienne province.
Le Kosovo a franchi lundi (24 avril) une étape vers son adhésion au Conseil de l’Europe, vigie des droits humains sur le continent, une perspective combattue par la Serbie qui s’oppose à la reconnaissance internationale de son ancienne province.
Le Comité des Ministres du Conseil de l’Europe a décidé, à la majorité des deux tiers de ses États membres, de « transmettre pour avis » la demande d’adhésion du Kosovo à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. La Serbie, qui ne reconnaît pas l’indépendance de son ancienne province, a voté contre cette demande.
L’Assemblée parlementaire rendra son avis à une date indéterminée, ont expliqué des fonctionnaires de l’institution à l’AFP. La prochaine réunion du bureau de l’Assemblée est prévue ce vendredi (28 avril).
Le Premier ministre kosovar Albin Kurti a salué la nouvelle sur les réseaux sociaux et a remercié les ministres kosovars pour leur travail ainsi que les partenaires et les États membres pour leur soutien.
« Le Comité des Ministres des États membres a soutenu aujourd’hui, avec plus de deux tiers des voix requises, la candidature du Kosovo au Conseil de l’Europe, clôturant ainsi la première phase de l’adhésion effective de notre République à cette importante organisation internationale », a déclaré le Premier ministre.
« Notre pays constituera une valeur ajoutée pour le Conseil de l’Europe. Le Conseil de l’Europe apportera une valeur ajoutée à la démocratie, aux droits humains et à l’État de droit dans notre pays », a-t-il poursuivi.
La ministre kosovare des Affaires étrangères, Donika Gërvalla-Schwarz, s’est félicitée de la décision du Comité des ministres, qui pourrait selon elle être « la plus importante depuis l’indépendance du Kosovo ».
« Il reste encore beaucoup de travail à accomplir. Le processus d’adhésion est long et jalonné de défis. Toutefois, à la fin du processus, la République du Kosovo occupera la place qui lui revient en tant que membre du Conseil de l’Europe », a écrit Mme Gërvalla sur Facebook lundi.
Le Kosovo a déposé sa candidature en mai 2022, deux mois après l’exclusion de la Russie du Conseil de l’Europe à la suite de son invasion de l’Ukraine. Le départ de la Russie, allié historique de la Serbie, devait faciliter l’acquisition de la majorité requise des deux tiers au pays.
Le Conseil de l’Europe, basé à Strasbourg, est la principale organisation de défense des droits humains sur le continent. Il compte 46 États membres, dont les 27 pays de l’Union européenne.
Le président albanais Bajram Begaj s’est lui aussi félicité de la nouvelle et a appelé à un processus d’adhésion rapide.
« Je salue la décision du Comité des Ministres de transférer à l’Assemblée parlementaire la demande légitime d’adhésion du Kosovo au Conseil de l’Europe. Félicitations au Kosovo [qui sera], dès que possible, un membre à part entière du Conseil de l’Europe », a écrit M. Begaj sur Facebook.
Toutefois, le président serbe Aleksandar Vučić n’a pas apprécié cette annonce.
« Nous voterons contre l’adhésion du soi-disant Kosovo au Conseil de l’Europe », a déclaré le président serbe à la presse.
« C’est tout ce que j’ai à dire à ceux qui, en Europe et dans le monde, pensent avoir le droit de mentir et de nous tromper et d’interpréter les choses comme ils l’entendent, et non comme elles sont écrites ou convenues », a-t-il poursuivi.
Son ministre des Affaires étrangères, Ivica Dacic, a abondé en ce sens, la télévision nationale rapportant qu’il aurait décrit ce jour comme « un jour de honte pour le Conseil de l’Europe ».
Belgrade n’a jamais reconnu l’indépendance de Pristina déclarée en 2008, une décennie après une guerre meurtrière entre indépendantistes albanais et forces serbes, pas plus que Moscou ou Pékin, ce qui prive le Kosovo d’une entrée à l’ONU.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]