Le MES est lancé, mais son premier client fait profil bas

Hier (8 octobre), les ministres des finances de la zone euro réunis à Luxembourg ont lancé le Mécanisme européen de stabilité (MES), un fonds de sauvetage de 500 milliards d’euros destiné aux 17 pays qui partagent la monnaie unique. Sa première tâche sera d’aider l’Espagne à recapitaliser ses banques, mais aucune discussion n’aurait abordé la nécessité d’un renflouement pour Madrid.

EURACTIV.fr / Reuters
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Hier (8 octobre), les ministres des finances de la zone euro réunis à Luxembourg ont lancé le Mécanisme européen de stabilité (MES), un fonds de sauvetage de 500 milliards d’euros destiné aux 17 pays qui partagent la monnaie unique. Sa première tâche sera d’aider l’Espagne à recapitaliser ses banques, mais aucune discussion n’aurait abordé la nécessité d’un renflouement pour Madrid.

 

Le MES, qui remplace le FESF temporaire sera utilisé pour prêter de l'argent aux économies en difficulté dans la zone euro en échange de réformes budgétaires et structurelles drastiques visant à relancer les économies qui ont perdu la confiance des investisseurs.

 

« Le lancement du MES est une étape historique dans la configuration future de l'union monétaire européenne », a déclaré aux journalistes Klaus Regling, le directeur général du fonds.

 

« La zone euro dispose désormais d'un pare-feu permanent et efficace, un élément crucial de notre stratégie qui vise à garantir la stabilité financière de la zone euro. »                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                           

 

La capacité de prêt du fonds est composée de 80 milliards d'euros de fonds propres et de 620 milliards de capitaux appelés, qui permettront au MES d'emprunter de l'argent sur les marchés pour le prêter aux gouvernements qui n’ont plus accès aux marchés financiers.

 

Depuis lundi, la capacité du MES est de 200 milliards d'euros. Le MES atteindra sa capacité totale d'ici 2014.

 

Sa première tâche sera de prêter de l'argent à l'Espagne pour qu'elle recapitalise son secteur bancaire, touché par l'écroulement du marché de l'immobilier. Ce programme est hérité du Fonds européen de stabilité financière (FESF).

 

Pas de renflouement ?

 

La zone euro a déjà mis de côté 100 milliards d'euros pour que l'Espagne recapitalise ses banques. Seuls quelque 40 milliards devraient être utilisés dans les prochaines semaines, mais les marchés financiers s'attendent également à ce que Madrid doive demander un renflouement dans les semaines ou les mois à venir.

 

Lorsqu'il est arrivé à la réunion, Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des finances, a expliqué que l'Espagne ne demandait pas d'aide et n'en avait pas besoin, un message relayé par d'autres ministres. Le premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, a toutefois indiqué qu'il pourrait demander une aide si les taux d'emprunt espagnols restaient trop élevés pendant trop longtemps.

 

Les rendements obligataires à 10 ans de l'Espagne atteignent actuellement 5,75 %, un niveau soutenable pour le gouvernement. Mais un coût d'emprunt nettement au-dessus de 6 % sur une période prolongée pourrait forcer la main à M. Rajoy.

 

« Je pense que nous devrions répondre à une telle demande lorsqu'elle sera formulée. Jusqu'à présent, le gouvernement espagnol entreprend des réformes qui vont dans la bonne direction », a déclaré le ministre luxembourgeois des finances, Luc Frieden, lorsqu'il est arrivé à la réunion.

 

M. Juncker a indiqué qu'ils n'avaient pas discuté d'un renflouement pour l'Espagne, en plus de l'aide apportée aux banques.

 

La réunion de lundi a abordé les besoins financiers de l'Espagne ainsi que les objectifs budgétaires présentés par le gouvernement de M. Rajoy le mois dernier, que la Commission européenne n'a pas encore approuvés.

 

La Commission publiera ses prévisions économiques (publiées deux fois par an) le 7 novembre. Certains fonctionnaires ont laissé entendre qu'elle pourrait conclure que l'Espagne ne pourra pas atteindre ses objectifs budgétaires, qui s'appuient sur une contraction optimiste de l'économie de 0,5 % l'année prochaine.

 

Les prévisions du FMI quant à une récession de 1,2 % pourrait être revue à la baisse mardi.