Le ministre flamand de la Culture s’oppose au label « Ramadan Friendly »
Dans une vingtaine de centres culturels bruxellois, un label « Ramadan Friendly » a été mis en place. Le ministre de la Culture au sein du Parlement flamand, Jan Jambon, craint que cette initiative n’entraîne une autocensure chez les artistes et la qualifie de « paternaliste ».
Dans une vingtaine de centres culturels bruxellois, un label « Ramadan Friendly » a été mis en place pour signaler que le spectacle ou l’œuvre d’art ne contient pas de violence, de nudité ou de musique, entre autres. Jan Jambon, le ministre-président flamand, également ministre de la Culture au sein du Parlement flamand, craint que cette initiative n’entraîne une autocensure chez les artistes et la qualifie de « paternaliste ».
Mercredi (5 avril), le média flamand Het Laatste Nieuws a révélé une lettre que M. Jambon (NV-A, groupe des Conservateurs et Réformistes au Parlement européen) a écrite aux centres culturels participants et dans laquelle il se montre critique à l’égard du label « Ramadan Friendly ».
« Une telle ingérence religieuse dans la pratique culturelle et artistique me semble très problématique », affirme-t-il.
Le ministre craint que l’initiative n’entraîne une forme d’autocensure parmi les acteurs de la sphère culturelle.
« Ce [label] est destiné à avertir le public, mais il peut aussi conduire à une forme d’autocensure chez les artistes. Alors que la culture doit exciter, défier et surprendre. À mon avis, c’est aussi une vision un peu paternaliste », a-t-il ajouté.
M. Jambon craint que, malgré les bonnes intentions qui le sous-tendent, le label « Ramadan Friendly » ne renforce les préjugés et la méfiance mutuelle.
Le label a été créé pour « assurer l’accueil et le respect des publics pendant la période du ramadan », et donc pour adopter une approche inclusive et lutter contre les discriminations dans les lieux où une « partie significative » du public, des collaborateurs ou encore des artistes est de confession musulmane, peut-on lire sur le site web de l’initiative.
Selon les initiateurs du label, les institutions culturelles n’ont pas encore suffisamment pris en compte le ramadan jusqu’à présent.
« Ce manque d’attention a pour conséquence que les institutions — malgré leurs réflexions sur l’inclusion — contribuent consciemment, ou inconsciemment à la stigmatisation de pratiques religieuses », est-il également indiqué.
De ce fait, « toute la charge mentale liée au bon déroulé de ce mois saint se retrouve alors portée par les musulman·es seul·es. Afin d’offrir une réponse constructive et collective à cette situation discriminante, le label Ramadan Friendly propose des solutions concrètes aux institutions ».
Ainsi, selon la charte de l’initiative, les spectateurs seraient autorisés à quitter la salle pour manger et boire durant les représentations, seraient avertis si la performance contient de la musique, des scènes de nudité ou de violence, etc.
L’initiative propose également d’adapter les heures de début de performance en fonction des heures de rupture du jeûne, et ce « dans la mesure du possible ».
Il est également proposé de lutter contre l’islamophobie en formant l’équipe des lieux de culture et en adoptant la « tolérance zéro » face à ce type d’agression.
Le ramadan a débuté le 23 mars. Selon les différentes statistiques effectuées dans le pays, le pourcentage de musulmans en Belgique varierait entre 4 et 7 % de la population.