Le Parlement milite pour un objectif d’aide au développement en 2020

Les eurodéputés ont massivement appelé les États membres à atteindre l’objectif de consacrer 0,7 % de leur RNB à l’aide au développement d’ici 2020. Mais plusieurs pays espèrent se passer de ce timing contraignant. 

EURACTIV.fr
En France, l’aide publique au développement est à son plus bas depuis 2001
En France, l'aide publique au développement est à son plus bas depuis 2001 [<a href="https://www.flickr.com/photos/ciat/4108191325/in/photolist-7g2y9V-79tRBP-76Y8EM-5mA6aP-79xHhN-9FPtiW-7WCs7z-4PXFh8-arRcsP-4u9Bgs-7g2xFM-7g6poW-8DEsaq-79TYnV-rGumh-98qwug-47y8Ah-dr27ey-2PKvUf-2vfDs-jD8oeJ-5ynyZ7-8pAmK9-47y8gN-7g2zgc-7cxNLq-8ZRMdc-79v6Th-7843pD-7841hX-783Wqa-6EZAkB-rGmAf-79xH8U-772Wym-No1Px-jghTD-gwJQg-4rnj16-2PFbb8-a9UAmz-5BwjSr-5BvE8v-jox3ur-7g6uAb-7g2xie-7g6qSu-7g2v66-5Ad8jb-Eqa6a" target="_blank" rel="noopener">[CIAT/Flickr]</a>]

Les eurodéputés ont massivement appelé les États membres à atteindre l’objectif de consacrer 0,7 % de leur RNB à l’aide au développement d’ici 2020. Mais plusieurs pays espèrent se passer de ce timing contraignant. 

Les États membres ont cinq ans pour parvenir à honorer leurs promesses en matière d’aide publique au développement, a décrété le Parlement européen dans un rapport adopté à une très large majorité le 19 mai à Strasbourg.

Si le texte n’est pas contraignant, il fixe aux États membres un objectif précis. D’ici à 2020, les 28 devront atteindre l’objectif de consacrer 0,7 % de leur revenu national brut à la solidarité internationale.

Rappel à l’ordre

Un objectif qui date des années 70, et que les États membres ont réaffirmé en 2005. Mais que ces derniers peinent à atteindre, alors que la date initialement fixée pour y parvenir tombe… en 2015. L’aide publique au développement des pays européens et des institutions a représenté en moyenne 0,42 % du RNB de l’UE en 2014.

Parmi les États membres figurent quelques bons élèves : la Suède, le Luxembourg, le Danemark et le Royaume-Uni ont franchi la barre des 0,7 %. Mais même les plus grosses économies de l’UE comme la France ou l’Allemagne restent loin du compte.

>>Lire: L’Europe reste loin de ses promesses en matière d’aide au développement

Du côté des nouveaux États membres, ceux ayant adhéré à l’Union européenne après 2004, les promesses ne sont pas non plus tenues. La Lettonie, la République tchèque ou la Pologne devaient atteindre l’objectif de 0,33 % du RNB, « mais aucun n’a encore pu le respecter » souligne le rapport.

« Ce texte propose que le Parlement fasse un choix et envoie un message sur le leadership que doit porter l’UE. […] Il faut que l’UE rappelle de toute urgence son objectif de 0,7 % » a rappelé lors du débat en plénière l’eurodéputé Pedro Silva Pereira (S&D), rapporteur de la résolution.

Conférence d’Addis-Abeba

Les appels du pied du Parlement ne tombent pas à un moment anodin. En effet, le vote du texte intervient en amont de la conférence internationale pour le financement du développement qui se tiendra à Addis Abeba en juillet.

Un rendez-vous au cours duquel les États membres devront remettre sur la table leurs engagements. « Il est important que la conférence d’Addis Abeba consacre la volonté des pays européens d’aider les pays en développement » affirme l’eurodéputé Louis-Joseph Manscour.

>>Lire Erik Solheim: « Si les britanniques peuvent consacrer 0,7% de leur RNB au développement, la France aussi »

Les vingt-huit doivent d’ailleurs adopter des décisions sur l’agenda pour le développement post 2015 et le financement du développement lors du Conseil des ministres des Affaires étrangères du 26 mai prochain.

« La réunion du Conseil des ministres des Affaires étrangères européens dédiée au développement, offre aux dirigeants l’opportunité de prendre l’engagement d’atteindre les 0,7 % en 2020 » plaide la coalition d’ONG Coordination SUD.

Les États membres à reculons

Mais la balle est dans le camp des États, dont nombre font face à un contexte budgétaire tendu et coupe dans leur budget d’aide publique. « En ce qui concerne le calendrier pour atteindre les 0,7 % : cela dépend des États membres » a rappelé le commissaire européen au développement, Neven Mimica, rappelant qu’il fallait « tenir compte des réalités économiques ».

>>Lire : Les pays frappés par l’austérité rechignent à verser l’aide au développement

Du côté de la France, l’objectif de 0,7 % figure toujours sur l’agenda politique, mais la question de la date butoir de 2020 reste sensible.

« On souhaite un renouvellement des 0,7 % à Addis-Abeba, mais sans deadline et nous sommes soutenus là-dessus, notamment par les Anglais » confie une source française.

Pour faire avancer le débat, le gouvernement français tente de pousser les négociations en faveur d’un objectif plus atteignable , celui de consacrer 0,15 % du RNB aux pays les plus pauvres de la planète. « C’est un objectif plus envisageable », reconnait une source française.