Le parlement ukrainien envoie Ianoukovitch devant la justice internationale

Après avoir voté la destitution du président ukrainien Viktor Ianoukovitch, le Parlement du pays s’est prononcé à une large majorité pour le renvoi du responsable politique devant la Cour pénale internationale (CPI) pour « crimes graves ». 

EURACTIV.fr / Reuters
Viktor Yanukovych
Viktor Yanukovych

Après avoir voté la destitution du président ukrainien Viktor Ianoukovitch, le Parlement du pays s’est prononcé à une large majorité pour le renvoi du responsable politique devant la Cour pénale internationale (CPI) pour « crimes graves ». 

En fuite depuis plusieurs jours, le président destitué de l’Ukraine, Viktor Ianoukovitch, voit les nuages s’accumuler.  Le Parlement ukrainien, La Rada, a voté à une très large majorité le renvoi de Viktor Ianoukovitch devant la Cour pénale internationale (CPI)  pour « crimes graves ».

Les députés ont également établi un lien entre l'ancien président et des violences policières à l'origine de la mort de plus de 100 personnes, originaires d'Ukraine et d'autres pays, lors des manifestations antigouvernementales entamées en novembre.

La résolution, qui fait état de 2.000 blessés, recommande également le renvoi de deux proches de Viktor Ianoukovitch, l'ex-ministre de l'Intérieur Vitali Zakhartchenko et l'ancien procureur général Viktor Pchonka, devant la CPI, basée à la Haye.

La CPI a précisé qu'elle attendait une requête officielle des autorités ukrainiennes, puisque Kiev n'a pas signé le traité fondateur de l'institution de La Haye, et elle a rappelé qu'il reviendrait ensuite au procureur de l'institution de La Haye de décider ou non d'ouvrir une enquête.

Mises en garde sur une partition

L'ancien président, qui a été vu pour la dernière fois en Crimée, reste introuvable, mais son ancien chef de cabinet, qui l'accompagnait lors de sa fuite, a été blessé par balle à une jambe. On ne sait pas s'il était avec Viktor Ianoukovitch lors de l'incident.

À propos de la Crimée, région majoritairement pro-russe où ont eu lieu des manifestations contre l'éviction de Viktor Ianoukovitch, le président de transition Oleksander Tourchinov a évoqué des « signes de séparatisme » à l'occasion d'une réunion des chefs des agences de sécurité.

La destitution du chef de l'État, après trois mois de manifestations déclenchées par son refus de signer un accord d'associations avec l'Union européenne (UE), a conduit Moscou comme les Occidentaux à s'engager à éviter toute partition de l'Ukraine entre son Est russophone et son Ouest plutôt nationaliste et pro-européen.

Sergueï Lavrov, le chef de la diplomatie russe, a prévenu mardi qu'il ne fallait pas « forcer » l'Ukraine à choisir entre l'Occident et Moscou.

Dans le camp occidental, Catherine Ashton, porte-parole de la diplomatie de l'UE, a cependant invité la Russie à laisser l'Ukraine choisir sa « voie », et Olli Rehn, commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, s'est dit favorable à la tenue d'une conférence des donateurs pour permettre à Kiev, qui a évalué ses besoins pour 2014 et 2015 à 35 milliards de dollars (25,5 milliards d'euros), d'obtenir une aide internationale.

Les troubles politiques ont fortement affecté l'économie du pays et la hryvnia, la monnaie ukrainienne, a touché mardi son plus bas niveau historique contre la monnaie américaine, à 9,70 pour un dollar.