Le Parti populaire européen veut faire marche arrière sur certains objectifs climatiques
Pour relancer l’économie européenne, il faudra abolir les objectifs en matière d’énergies renouvelables et suspendre les règles relatives aux rapports sur la chaîne d’approvisionnement, a déclaré le Parti populaire européen.
Selon le Parti populaire européen, pour relancer l’économie européenne, il faudra abolir les objectifs en matière d’énergies renouvelables et suspendre les règles relatives aux rapports sur la chaîne d’approvisionnement.
Le week-end dernier, les dirigeants du Parti populaire européen (PPE), le groupe politique le plus représenté au Parlement européen, se sont réunis à Berlin ce week-end pour un sommet, pendant lequel ils ont affirmé vouloir remodeler l’UE grâce à « un programme de déréglementation et de simplification déterminé, ambitieux et complet ».
Dans leur document commun, le groupe de centre droit — dont sont membres la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, le probable futur chancelier allemand Friedrich Merz, le Premier ministre grec, Kyrios Mitsotakis, et son homologue finlandais Petteri Orpo — propose un retour à la politique progressiste d’avant la « vague verte » de 2019.
Cela signifierait la mise en pause, pendant au moins deux ans, des règles de l’UE sur la publication d’informations en matière de durabilité, de la taxonomie de la finance verte de l’UE et de la taxe carbone.
Cette dernière, connue sous le nom de Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM), devrait frapper les importateurs potentiels d’acier et de ciment pollués par des droits de douane, mais a été critiquée pour son caractère excessivement bureaucratique. Le MACF est actuellement en phase de collecte de données, et les droits de douane devraient entrer en vigueur à partir de 2026.
Toutefois, selon les dirigeants du PPE, ces lois devraient être limitées aux grandes entreprises de plus de 1000 employés tout en « éliminant » l’effet indirect sur les petites et moyennes entreprises. Ils souhaitent également réduire d’au moins 50 % les obligations de déclaration pour les grandes entreprises.
Alors que le PPE affirme vouloir adhérer aux objectifs climatiques de l’UE et maintenir le mécanisme de tarification du CO2, connu sous le nom de système d’échange de quotas d’émission de l’Union européenne (SEQE), il a l’intention d’abolir un autre mécanisme établi : les objectifs en matière d’énergie renouvelable.
Le groupe est également opposé à un objectif distinct pour la part des énergies renouvelables, ajoutant qu’il devrait revenir aux États membres de décider des technologies qu’ils souhaitent utiliser pour atteindre leurs objectifs en matière de climat.
Il s’agit d’un changement de cap rapide pour Ursula von der Leyen, qui, le 1er décembre encore, chargeait explicitement son commissaire à l’Énergie de proposer un tel objectif.
C’est également une victoire pour les pays pro-nucléaire dans leur lutte permanente à Bruxelles avec les pays pro-renouvelables. Le PPE se range, au moins implicitement, du côté de la France et de ses alliés, qui sont opposés à un objectif de 2040 en matière d’énergies renouvelables.
[AM]