Le PIB de la France reculera moins que chez la plupart de ses voisins
La France résiste mieux à la crise que ses voisins, selon l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). La légère reprise n’annoncerait pas une croissance pérenne pour autant.
La France résiste mieux à la crise que ses voisins, selon l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). La légère reprise n’annoncerait pas une croissance pérenne pour autant.
Pour la deuxième partie de l’année 2009, la France affichera honorablement 2,1% … de récession. Peu glorieux mais mieux que la majorité des autres pays européens : selon l’OFCE le PIB diminuerait de 4% dans l’Union européenne à 27, de 3,8% dans la zone euro, de 4,9% en Allemagne et de 4,4% au Royaume-Uni.
Le deuxième trimestre 2009 a même été marqué par une légère croissance, due, selon l’OFCE, à la reprise dans les pays émergents, à la baisse du coût du crédit pour les entreprises, à la fin du déstockage massif, et à l’amélioration du moral des ménages.
L’organisme prévoit aussi des résultats moins négatifs pour 2010. Même s’ils ne seront pas suffisants pour assurer une reprise flagrante : le PIB augmenterait de 0,8% en France (le même taux que pour la zone euro). Pas assez pour enrayer le chômage, qui atteindrait 10,1% en 2010.
La raison de cette langueur : des variables de croissance en mauvais état. Les exportations seront peu volumineuses et ne pourront compenser la faiblesse de la consommation et de l’investissement. Le désinvestissement se poursuivrait ainsi en 2010, à un taux tout de même moins marqué qu’en 2009 (-3,4% contre -6,6%). La consommation chuterait car les banques risquent de durcir leurs conditions de crédit. En outre, la reprise de l’inflation, même légère (1,5%), entamerait le pouvoir d’achat. Mais surtout 2010 marquerait l’interruption de mesures de relance majeures telles que la prime à la casse.
Certes beaucoup plus touchée que la France, l’Allemagne a toutefois annoncé le 24 octobre une prolongation des mesures de stimulation budgétaire, renonçant ainsi à l’équilibre. D’autres pays pourraient suivre cette voie expansionniste.
Concernant la politique monétaire, l’OFCE estime d’ailleurs que la Banque centrale européenne (BCE) demeurera « accommodante tant que la solidité de la reprise économique en Europe n’est pas retrouvée ». L’institution a confirmé en septembre 2009 un maintien de ses taux à 1%, leur plus faible niveau historique.