Le Premier ministre grec en visite à Pékin pour consolider les relations Chine-UE

Le Premier ministre grec Kyriákos Mitsotákis rencontrera jeudi de hauts responsables chinois afin de faire de la Grèce un « pont » entre l’UE et la Chine, ont rapporté des médias grecs citant une source gouvernementale, alors que les relations entre les deux parties sont particulièrement fragiles.

Euractiv.com
hiona-e1698905014757-800×450
Kyriákos Mitsotákis rencontrera le président chinois Xi Jinping ainsi que le Premier ministre chinois Li Qiang. [[EPA-EFE/ARIS MESSINIS]]

Le Premier ministre grec Kyriákos Mitsotákis rencontrera jeudi (2 novembre) de hauts responsables chinois afin de faire de la Grèce un « pont » entre l’Union européenne et la Chine, ont rapporté des médias grecs citant une source gouvernementale, alors que les relations entre les deux parties sont particulièrement fragiles.

« La Grèce peut servir de pont entre l’UE et la Chine pour une relation plus équilibrée », a indiqué une source gouvernementale aux médias avant la visite.

M. Mitsotákis rencontrera le président chinois Xi Jinping ainsi que le Premier ministre chinois Li Qiang. Il sera accompagné du ministre des Infrastructures et des transports, Chrístos Staïkoúras, et du Secrétaire d’État aux Affaires étrangères chargé de la Diplomatie économique, Kostas Fragogiannis.

Selon la source, M. Mitsotákis devrait rappeler la position de la Grèce sur la nécessité d’ouvrir les canaux de communication avec la Chine et de renforcer la coopération pour faire face aux défis mondiaux « afin que les relations soient constructives et mutuellement bénéfiques ».

La Grèce cherchera également à renforcer les relations commerciales bilatérales et à augmenter les exportations vers la Chine, en particulier dans les secteurs de l’agriculture et des produits standardisés, a expliqué cette même source.

L’augmentation du nombre de touristes en provenance de Chine figurera aussi à l’ordre du jour.

Dépendance à l’égard de la Chine

Cette visite s’inscrit dans le cadre des tensions croissantes entre Bruxelles et Pékin, alors que l’Europe prend ses premières mesures pour réduire sa dépendance à l’égard de la Chine dans plusieurs domaines, notamment la production, le raffinage et le recyclage de matériaux critiques.

En parallèle, les États-Unis alertent fréquemment sur les investissements chinois en Grèce.

S’exprimant lors d’un évènement organisé par The Economist en début de semaine, M. Mitsotákis a s’est voulu rassurant, indiquant clairement qu’Athènes ne dépend pas des fonds chinois.

« La Chine n’est pas un investisseur majeur pour la Grèce, étant donné qu’elle n’a fait qu’un seul investissement majeur dans le port du Pirée il y a des années, qui a été globalement couronné de succès », a soutenu le chef d’État grec.

Début septembre, la ministre néerlandaise du Commerce extérieur, Liesje Schreinemacher (VVD, Renew), avait déclaré que l’élaboration d’une politique européenne efficace à l’égard de la Chine était entravée par le fait que certains États membres de l’UE, tels que la Grèce, étaient trop dépendants du pays asiatique.

Interrogée sur les préoccupations des entreprises concernant les mécanismes de contrôle de l’UE pour les investissements étrangers, Mme Schreinemacher a mentionné le mécanisme néerlandais de contrôle des investissements, fusions et les acquisitions (Vifo) pour les secteurs stratégiques néerlandais.

« Tous les États membres de l’Union européenne ne disposent pas encore d’un tel mécanisme », a-t-elle déclaré, soulignant qu’il était nécessaire que cela soit le cas, sinon les investisseurs se tourneront vers les pays qui n’en disposent pas.

« Prenons l’exemple du port grec du Pirée, qui appartient à une entreprise publique chinoise. Cette situation entrave également la mise en place d’une politique européenne efficace à l’égard de la Chine, car, dans ce cas, la Grèce est dépendante de la Chine », a-t-elle expliqué.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]