Le président bulgare représente un risque pour l’avenir de son pays au sein de l’UE
Les deux plus grands partis bulgares ont accusé samedi le président Roumen Radev de représenter un risque pour l’avenir de la Bulgarie au sein de l’UE en raison notamment de ses attaques politiques constantes contre le gouvernement, de son influence dans la société et de sa ligne prorusse.
Les deux plus grands partis bulgares ont accusé samedi (19 août) le président Roumen Radev de représenter un risque pour l’avenir de la Bulgarie au sein de l’Union européenne. Ses attaques politiques constantes contre le gouvernement, son influence dans la société et la ligne prorusse que le pays a adoptée sous son administration ont notamment été évoquées.
Le parti Nous continuons le changement (PP), qui compte le plus grand nombre de ministres dans le gouvernement de coalition, a annoncé que le comportement anti-européen de M. Radev expliquait en grande partie sa décision de s’allier avec le parti du Premier ministre Boïko Borissov (Citoyens pour le développement européen de la Bulgarie, GERB).
« S’il n’y avait pas de risque que [Roumen] Radev nous écarte de l’Europe, nous n’aurions pas formé un gouvernement avec le GERB », a commenté samedi soir Lena Borislavova, la principale responsable des stratégies politiques du PP.
Le GERB a ajouté que « la démocratie ne peut être défendue par l’hypocrisie et que la qualité d’État ne peut être préservée par la division et le poing constamment levé » de M. Radev.
En mai dernier, le GERB et le PP avaient formé un gouvernement de coalition dont les objectifs déclarés consistent à faire entrer la Bulgarie dans la zone euro et l’espace Schengen, à soutenir l’Ukraine, à réformer l’administration et à débarrasser les services spéciaux de l’influence russe.
Actuellement, les services spéciaux sont dirigés par des chefs nommés par M. Radev au cours des deux dernières années de son mandat, une période marquée par des gouvernements intérimaires. Durant cette période, M. Radev s’est opposé à l’octroi d’une aide militaire à l’Ukraine et a laissé entendre à plusieurs reprises que Kiev était autant responsable de la guerre que la Russie.
Le dernier scandale en date entre le PP, le GERB et M. Radev porte sur la proposition de modification de la date de la fête nationale bulgare.
La fête nationale se tient le 3 mars et célèbre la signature du traité de paix de San Stefano entre les empires russe et ottoman après la guerre de deux ans (1877-1878) visant à libérer la Bulgarie de la domination ottomane. La Russie a remporté la guerre, mais le traité de paix n’est jamais entré en vigueur et les terres bulgares ont été divisées en plusieurs parties.
Puisque de nombreux Bulgares considèrent cette fête nationale comme un symbole des intérêts russes en Bulgarie, la coalition propose que la Journée de l’écriture cyrillique et de la culture slave (24 mai), qui célèbre l’alphabet cyrillique inventé il y a 1 200 ans, soit proclamée jour de fête nationale.
Samedi, M. Radev a défendu le maintien du 3 mars comme principale fête nationale. Il a déclaré qu’il s’agissait de « la ligne rouge de notre patience, que le mouvement populaire ne permettra pas d’effacer ».
« Une vérité simple se cache derrière la plupart des responsables politiques qui se gonflent d’un pseudo-patriotisme : ils veulent plus de pouvoir ou ils ne veulent pas renoncer au pouvoir qu’ils ont déjà », a commenté Kiril Petkov, co-président de Nous continuons le changement.
Dimanche (20 août), la vice-première ministre bulgare et ancienne commissaire européenne Maria Gabriel (GERB, PPE) a qualifié la période pendant laquelle les gouvernements intérimaires ont dirigé l’administration de M. Radev de moment caractérisé par « l’intemporalité et le pouvoir d’un seul homme ».
« Nous constatons que [cette situation] sape la confiance des citoyens dans les institutions. Pour la confiance des citoyens, mais aussi pour celle des partenaires internationaux et des investisseurs, il est important que la Bulgarie affirme qu’elle est une république parlementaire et qu’elle se dote d’un gouvernement opérationnel », a déclaré Mme Gabriel.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]